Baptême de Jésus


(Année A) (Mt 21, 33-43)

Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice, je t’ai pris par la main, je t’ai mis à part, j’ai fait de toi mon Alliance avec le peuple, et la lumière des nations ; tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. Is ; 42, 6-7

C’est pour nous que le Christ fut baptisé. En effet, il remplit notre baptême de lumière, de vie et de sainteté. Il s’est constitué la route pour la venue de l’Esprit Saint en nous. L’Esprit est venu vers Lui comme sur les prémices de notre race, afin de passer aussi sur ceux qui sont de la même race, quand ils sont redus parfaits par le baptême. Sévère d’Antioche. " Homélie 84 "
Sévère d’Antioche. " Homélie 84 "


Nous concluons le temps de Noël par la fête du baptême du Christ au Jourdain. Voyons d'abord ce que révèle ce baptême, avant de nous plonger dans l'être de notre propre baptême. Tout l'évangile de Marc que nous lisons durant cette année liturgique, est construit de manière à nous révéler pas à pas le secret de la personne de Jésus. Ici, le ciel se « déchire ». Le mot est violent…dans ce monde clos par la mort où l'homme s'enferme, Jésus est celui qui vient mettre une « lézarde » pour y faire entrer l'air frais du ciel. « Ah! Si tu déchirais les cieux…», s'écriait le prophète Isaïe. Et voilà que c'est fait : en Jésus, l'homme et Dieu communiquent à nouveau. L'Esprit descend « comme une colombe ». Dans l'abîme divin qu'ouvre la déchirure, voici que fond l'Esprit, comme il fécondait les eaux de la création (Genèse 1, 2), comme il fondait sur les prophètes ou les Juges (Isaïe 11, 2 ; Juges 6, 34 / 14, 19 / 15/14). Il commence à manifester le secret de Jésus : en lui, Dieu descend chez les hommes et se fait tout proche d'eux. La voix enfin se fait entendre : « C'est toi mon Fils Bien-Aimé ; en toi j'ai mis tout mon amour ».Jésus est celui qui se sait aimé et qui répond de tout son être à cet amour gratuit dont parlait tout à l'heure Isaïe : « Venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer…» Ce que Jésus a vécu, comme Fils Unique, nous sommes tous appelés à le vivre comme « fils ou fille dans le Fils ». Nous sommes tentés, par le milieu matérialiste et athée où nous vivons, à ne voir le bonheur des hommes et des femmes que dans des techniques humaines. Maîtrisons mieux la nature par la science, partageons davantage les biens, changeons les systèmes injustes et nous serons sauvés. Certes, ce n'est pas faux et il faut se battre pour le réaliser. Mais la stature complète de l'homme est bien plus vaste que cela. Sa dignité est infinie, puisqu’il devient capable de communier à Dieu (le capax Dei des théologiens du Moyen Age). L'homme ne s'accomplit lui-même qu'en s'ouvrant à une réalité supérieure. « A quoi sert à l'homme de maîtriser l'univers et d'aller dans la lune, si c'est pour se suicider », a écrit André Malraux. La dimension de la transcendance fait partie de la constitution même de l'homme. C'est le sens des belles prières qu' l'on prononce lors des baptêmes : « Père infiniment bon, tu fais jaillir en nous la Vie nouvelle des enfants de Dieu, au jour de notre baptême… bénis cette eau où cet enfant va renaître pour vivre de la vie éternelle…» Le baptême est une mise en route, un long voyage pour rejoindre la maison paternelle. Il n'est pas un talisman, une police d'assurances. Il est la rencontre d'une Personne. C'est jour après jour, que nous sommes appelés à évangéliser et à humaniser toutes nos terres intérieures, nos jardins secrets et nos communautés jusqu'au jour du dernier passage de la mort à la résurrection. - (kerit.be)

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