Dimanche des Rameaux et de la Passion dimanche 20 mars 2016
1° Livre d'Isaïe 50,4-7 :
Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.
2° Psaume 22(21),8-9.17-18a.19-20.22c-24a :
Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre ! Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami ! »
Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m'entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ; je peux compter tous mes os.
Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !
Tu m'as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères,
Je te loue en pleine assemblée. Vous qui le craignez, louez le Seigneur.
3° Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,6-11 :
Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.
4° Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 22,14-71.23,1-56 :
Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui. Il leur dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. » Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit : « Prenez ceci et partagez entre vous. Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. » Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table. En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! »
Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela. Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ? Mais il leur dit : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. » Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. »
Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? » Ils lui répondirent : « Non, de rien. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une. Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. » Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »
Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse. Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. » Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »
Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? » L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Mais Jésus dit : « Restez-en là ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit. Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous n’avez pas porté la main sur moi. Mais c’est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres. »
S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre. Pierre suivait à distance. On avait allumé un feu au milieu de la cour, et tous étaient assis là. Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux. Une jeune servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. » Mais il nia : « Non, je ne le connais pas. » Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. » Pierre répondit : « Non, je ne le suis pas. » Environ une heure plus tard, un autre insistait avec force : « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. » Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement.
Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le rouaient de coups. Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes. Lorsqu’il fit jour, se réunit le collège des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, et on emmena Jésus devant leur conseil suprême. Ils lui dirent : « Si tu es le Christ, dis-le nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ; et si j’interroge, vous ne répondrez pas. Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. » Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous dites vous-mêmes que je le suis. » Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »
L’assemblée tout entière se leva, et on l’emmena chez Pilate. On se mit alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le trouble dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et il dit qu’il est le Christ, le Roi. » Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. »
Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. » Mais ils insistaient avec force : « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée ; après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. » À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen. Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
À la vue de Jésus, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle. Il lui posa bon nombre de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence. Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate. Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux. Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple. Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation. D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » […] Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. » Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.
Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils vociféraient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcheraprès lui avoir fait donner une correction. » Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient.
Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir. Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.” Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »
Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira. À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. » Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder.
Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.
5° Commentaire du jour : Saint André de Crète1: « Voici ton roi qui vient vers toi » (Za 9,9 ; Mt 21,5) :
Venez, gravissons ensemble le mont des Oliviers ; allons à la rencontre du Christ. Il revient aujourd'hui de Béthanie et il s'avance de son plein gré vers sa sainte et bienheureuse passion, afin de mener à son terme le mystère de notre salut. Il vient donc, faisant route vers Jérusalem, lui qui est venu du ciel pour nous, alors que nous gisions au plus bas, afin de nous élever avec lui, comme le dit l'Écriture, « au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom » (Ep 1,21). Mais il vient sans ostentation et sans faste. Car, dit le prophète, « il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix » (Is 42,2). Il sera doux et humble, il fera son entrée modestement ... Alors, courons avec lui qui se hâte vers sa passion ; imitons ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour étendre sur son chemin, comme eux ils l'ont fait, des rameaux d'olivier, des vêtements ou des palmes. C'est nous-mêmes qu'il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, par l'humilité du cœur et la droiture de l'esprit, afin d'accueillir le Verbe qui vient (Jn 1,9), afin que Dieu trouve place en nous, lui que rien ne peut contenir. Car il se réjouit de se montrer à nous ainsi dans toute sa douceur, lui qui est doux, « lui qui monte au-dessus du couchant » (Ps 56,12), c'est-à-dire au-dessus de notre condition dégradée. Il est venu pour devenir notre compagnon, nous élever et nous ramener vers lui par la parole qui nous unit à Dieu.
6° Les Rameaux et la Croix, par Mgr Follo : «Regardons le Christ, et laissons-nous regarder par lui»2 :
1) Elevons les cœurs et pas seulement les rameaux
En ce dimanche, appelé dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, nous entrons dans la grande Semaine Sainte, où la liturgie nous fera revivre le mystère de la passion, de la mort et de la résurrection du notre Seigneur Jésus Christ. C’est une semaine sainte et tragique, mais également la semaine de la victoire et du triomphe, non seulement parce que le Christ y entre en triomphateur accueilli par le peuple, mais surtout parce qu’il en sort victorieux : ressuscité. L’amour triomphe, gagne, et ce non « malgré » la croix mais « à travers » (grâce à) la croix. « Ce qui fait croire est la croix, mais ce en quoi nous croyons est la victoire de la croix, la victoire de la vie » (Pascal). « La croix est l’image plus pure et plus haute que Dieu a donné de lui-même. Pour savoir qui est Dieu, je dois m’agenouiller aux pieds de la croix » (Karl Rahner).
La Croix est au centre de la liturgie d’aujourd’hui et, en y participant, nous montrons que nous n’avons pas honte de la Croix du Christ, nous ne la craignons pas. Bien au contraire, nous l’aimons et la vénérons, parce qu’elle est signe de réconciliation, signe de l’amour, qui est plus fort que la mort : elle est le signe du Rédempteur mort et ressuscité pour nous. Celui qui croit en Jésus crucifié et ressuscité porte la croix comme preuve indubitable que Dieu est amour. Avec le don total de soi, donc avec la Croix, notre Sauveur a vaincu définitivement le péché et la mort. Pour cette raison, accueillons le Rédempteur dans la joie, « marchons, nous aussi, avec celui qui va vers sa passion et imitons ceux qui allaient à la rencontre en fête. Non pas pour étendre devant lui, le long de son chemin, des rameaux d’olivier ou des palmes, des tapis ou autre chose du même genre, mais pour étendre humblement nos personnes en une humble prostration » (Saint André de Crète).
Donc, comme la foule en fête d’il y a un peu moins de 2000 ans, accueillons aujourd’hui Jésus qui entre à Jérusalem et, en disciples, accompagnons-le dans sa Pâque en priant : « Dieu Eternel et Tout-puissant qui, pour donner aux hommes un exemple d’humilité, tu as voulu que notre Sauveur subisse la mort sur la croix, accorde-nous dans ta bonté, de faire nôtre l’enseignement de sa passion et de participer à sa résurrection ».
2) La passion selon saint Luc et les autres évangélistes
Pour nous aider à s’approprier l’enseignement de la passion du Christ, la liturgie d’aujourd’hui nous présente l’histoire de la passion selon saint Luc qui la raconte en faisant émerger la miséricorde divine. A ce propos il est utile de rappeler que chaque évangéliste (Marc, Mathieu, Luc et Jean) rédige son évangile selon son propre point de vue théologique et catéchétique :
Selon Saint -Marc, Jésus est le serviteur souffrant qui meurt pour tous, il est l’abandonné. Le Christ abandonné est le grain semé qui, en mourant, porte beaucoup de fruits. Le cri d’abandon: « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » (Mc 15,34), n’est pas un cri de désespoir. En fait, l’abandon par le Père devient immédiatement un abandon au Père, et cet abandon total permet la réconciliation universelle, à partir du moment où le bon larron est ramené « chez lui », à la maison : au paradis ; depuis Jean à qui une mère est donnée, jusqu’à la Mère à qui un fils nouveau est donné. Cela arrive grâce au fait que Jésus remet son âme au Père dans un geste d’abandon total et de confiance amoureuse. De cette façon, comme il l’avait promis, de la Croix le Rédempteur attire tous à lui, à lui et à son Père dans une profonde communion qui est consommée (portée à plénitude) dans l’immolation à Dieu le Père.
En ce qui concerne l’évangile selon Saint Mathieu, nous voyons que l’Apôtre et Evangéliste répond principalement à cette question : « qui est coupable de la mort de Jésus ? ». Selon Saint-Mathieu, tous contribuent à la mort du Seigneur. Tous participent à ce drame : directement ou indirectement ; en agissant et en n’agissant pas. Mais il y a surtout un passage de la passion racontée par cet Apôtre qu’il me semble très important de mettre en évidence. Il s’agit de celui dans lequel Saint Mathieu raconte ce qui arrive juste après la mort de Jésus (27,51-53). Après la narration de cette mort, il y a une série d’expressions qui appartiennent seulement à cet évangéliste : « Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux (on trouve aussi cela chez Saint Marc, mais les expressions propres à Mathieu viennent ensuite), de haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens ». Quel message veut faire passer Saint Mathieu ? Il veut dire que, grâce à la mort de Jésus, la domination et le pouvoir de la mort sont écrasés. Pour l’évangéliste Mathieu, la mort de Jésus est surtout la bonne et joyeuse nouvelle (= Évangile) que le pouvoir du péché et de la mort, jusqu’ à ce moment, dévastateur et total, est vaincu. Il est donc possible de vivre une histoire différente, une histoire de salut. Cette possibilité nous est donnée aujourd’hui. L’important est de ne pas fuir loin du Christ, mais de rester à ses côtés, en veillant avec lui et en priant le Père avec lui. De cette façon, nous achevons l’exode, le chemin guidé par le Christ, le Moïse neuf et vrai, qui nous conduit à la vie pour toujours.
Pour saint Jean, Jésus est l’homme conscient et qui va volontairement à la rencontre de son destin. Même s’il est exécuté, il est, Lui, le vrai roi. Il est souverain de lui-même et lance un défi: « J’offre ma vie pour la reprendre à nouveau. Personne ne peux me l’enlever » (Jn 10,17-18). Synthétiquement, selon Saint Jean, pour Jésus la croix n’est pas un extrême abaissement mais une « élévation ». En effet, le verbe grec utilisé par l’Apôtre (upsozenai) exprime l’élévation d’un roi au trône. L’élévation de Jésus sur la croix est donc une exaltation royale dans laquelle, tandis que le roi élevé au trône domine avec le contraint, Jésus-Roi domine avec la douceur en attirant : « Moi, quand je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32). La condamnation à mort par la crucifixion de Jésus n’a pas été un hasard, un accident. Le Christ lui-même a voulu offrir sa vie ainsi, être le dernier des derniers, partager la condition des plus défavorisés, méprisés et malheureux : les esclaves, non considérés comme des hommes. Enfin, la Croix est la révélation suprême de l’amour du Père. Ceci explique la complète liberté de Jésus et sa parfaite conscience. Le Christ remplit l’œuvre du salut non pas comme une victime résignée et impuissante mais comme celui qui connaît le sens des évènements et les accepte librement. Ceci est le sommet de l’amour et le modèle de chaque vrai amour : le don complet de soi-même.
Analysons maintenant, rapidement, l’histoire de la passion qui nous est proposée cette année. Saint Luc montre Jésus, surtout, comme celui qui pardonne à tous et est miséricordieux avec tout le monde. Cet évangéliste présente, sinon d’une manière complètement positive, du moins d’une manière miséricordieuse, les différents personnages : les disciples sont restés fidèles à Jésus dans les épreuves (Lc 22,28); A Gethsémani, ils ne s’endorment qu’une seule fois et non trois fois (Ibid. 22,39-46) et c’est un sommeil de tristesse ; les ennemis ne présentent pas de faux témoins comme dans les autres évangiles (Ibid. 22,66-70); Pilate tente de le libérer trois fois parce qu’il est innocent (Ibid. 23,13-25); le peuple souffre pour ce qui arrive (Ibid. 23,27) et même, un des deux larrons à côté du Christ est bon (Ibid. 23,39-43). Dans le récit de Saint Luc, Jésus se préoccupe de tous :
Il guérit l’oreille du serviteur pendant l’arrestation (Ibid. 22,50-51),
Il se préoccupe du sort des femmes pendant qu’il monte sur le Calvaire (Ibid. 23,28-31),
Il pardonne à ceux qui le flagellent et le mettent sur la croix (Ibid. 23,34),
Il promet le paradis au larron repenti (Ibid. 23,43).
Le Rédempteur en Saint Luc est celui qui comprend ses ennemis : ils agissent de cette façon parce qu’ils vivent dans le noir et dans les ténèbres, sinon ils ne pourraient pas agir de façon aussi criminelle. Avec ce regard de miséricorde le Christ prie sur la croix : « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font » (Ibid. 22,34). En voulant mettre en évidence la miséricorde divine, saint Luc raconte la passion du Christ comme l’histoire de la conversion. C’est la conversion du Seigneur, qui se retourne et regarde Pierre, et Pierre se sent alors pénétré d’un regard de pardon, grâce auquel il se souvint et pleura : ces larmes de douleur montrent la conversion du premier des apôtres. Regardons le Christ, et laissons-nous regarder par lui, comme Pierre a fait. Alors, la Croix que nous contemplons dès ce début de la Semaine Sainte sera source de conversion et de vie nouvelle, donnée par la miséricorde.
Or, c’est dès le début de l’évangile de Luc que nous pouvons voir la miséricorde en action. En Jésus-Christ, la miséricorde de Dieu s’étend de génération en génération sur tous ceux qui le craignent, selon le Magnificat de la Vierge Marie. En rendant visite à Marie, Dieu s’est souvenu de sa miséricorde, comme il l‘avait promis. En Marie, la miséricorde déploie sa tente messianique, répondant à l’attente de tous les pauvres d’Israël, les anawim, dont nous sommes les descendants spirituels, et comme eux, nous sommes appelés à nous abandonner à l’alliance miséricordieuse. A la fin de l’évangile de saint Luc, nous contemplons encore la miséricorde en action et tout devient miracle. L’oreille est rattachée au serviteur, Pierre pleure pour sa trahison, Jésus est reconnu « juste » par Ponce Pilate le procurateur païen, les femmes sont consolées, le larron pendu à la croix est pardonné et la foule rentre à la maison en se frappant la poitrine. La mort du Christ est remplie d’une douceur inattendue.
L’important est qu’en assistant au spectacle dramatique de la passion du Fils de Dieu qui meurt sur la croix pour et par amour, nous reconnaissons l’Amour Aimé qui se donne et pardonne. En cela, les vierges consacrées dans le monde nous donnent un vrai témoignage. Leur vocation est de ne pas détourner leur regard de leur Epoux sur la croix, de rester avec Marie, la Mère Vierge, aux côtés du Christ, là et partout où il souffre encore aujourd’hui, et meurt. Ces femmes ont choisi de vivre dans la recherche du visage du Christ, dans l’écoute de sa voix, dans l’accomplissement de sa volonté, pour être fécondes grâce au don de l’esprit et générer l’éternelle Parole dans le cœur. Cachée dans le Christ, leur vie est consacrée pour être une louange constante de la gloire divine, une voix suppliante pour les nécessités des frères, don offert pour toute l’Eglise. Le jour de leur consécration, en leur donnant leur alliance, l’Evêque prie (rituel de consécration des vierges n° 26: « Recevez cet anneau, signe de votre union avec le Christ. Gardez une fidélité sans partage au Seigneur Jésus ; il vous introduira un jour dans la joie de l’alliance éternelle. » Bien sûr, cette alliance est scellée sur la Croix où le Seigneur a montré comme il les appelle à partager son amour pour l’humanité. Le jour des Rameaux et pendant la Semaine Sainte, elles nous invitent à nous unir à elles dans cette acceptation du Christ et de sa Croix pour la porter dans le monde comme un signe de l’Amour de Jésus pour l’humanité.
Lecture Patristique : Saint Cyrille d’Alexandrie (+ 444) : Commentaire du livre d’Isaïe 4, 2 (PG 70, 967-970) Voici qu’un roi régnera selon la justice, et les chefs gouverneront selon le droit (cf. Is 32,1).
Le Verbe, Fils unique de Dieu, a toujours été, avec le Père, le roi de l’univers, et il a mis sous ses pieds toutes les créatures, visibles et invisibles. Mais si un habitant de la terre se dérobait à sa royauté, s’y soustrayait et méprisait son sceptre parce qu’il serait tombé au pouvoir du démon et serait retenu dans les filets du péché, alors ce ministre et ce dispensateur de toute justice le ramènerait sous son joug, car tous ses chemins sont droits. Ce que nous appelons ses chemins, ce sont les préceptes de l’Évangile grâce auxquels, en recherchant toutes les vertus, en ornant notre tête des joyaux de la piété, nous obtenons la palme de notre vocation céleste. Oui, ces chemins sont droits, il n’y a rien en eux d’oblique ou de tortueux, mais ils sont directs et d’accès facile. Car il est écrit: Le sentier du juste, c’est la droiture, et son chemin a été bien dégagé (cf. Is 26,7). Car si le chemin de la Loi est rude, s’il oblige à traverser quantité de types et de figures, et s’il est d’une difficulté insurmontable, le chemin des préceptes évangéliques est uni et ne présente absolument rien de rocailleux. Donc les chemins du Christ sont droits, et lui-même a construit la cité sainte, l’Église où lui-même habite. En effet, il demeure dans ses saints et nous sommes devenus les temples du Dieu vivant, parce que nous avons le Christ en nous-mêmes, par notre participation à l’Esprit Saint. Le Christ a donc fondé l’Église, et il est lui-même la pierre de fondation sur laquelle, comme des pierres de grand prix, nous sommes assemblés pour édifier un temple saint, la demeure de Dieu dans l’Esprit. L’Église est absolument indestructible, elle qui a le Christ pour assise et pour base inébranlable. Voici, dit-il, que je pose en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie et de grande valeur; celui qui lui donne sa foi ne connaîtra pas la honte (1P 2,6). Quand il a fondé l’Église, le Christ a délivré son peuple de la captivité. En effet, nous qui étions, sur la terre, opprimés par la tyrannie de Satan et du péché, il nous a sauvés et délivrés, il nous a soumis à son propre joug, sans verser ni rançon, ni gratification. Comme le dit son disciple Pierre: Ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n’est pas l’or ni l’argent, car ils seront détruits: c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut et sans tache (1P 1,18-19). Car il a donné pour nous son propre sang, si bien que nous n’appartenons plus à nous-mêmes, mais à celui qui nous a rachetés et sauvés. Donc, en bonne justice, ceux qui transgressent la juste règle de la vraie foi sont accusés par la voix des saints de renier le Seigneur qui nous a rachetés.
7° Homélie de Jean Michel Jolibois :
Le contraste peut difficilement être plus grand entre ces deux cortèges dont nous faisons mémoire aujourd’hui :
- Un cortège joyeux, celui de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem : foule enthousiaste, ambiance de fête, acclamations : pour Jésus, c’est le succès populaire, au moins apparemment.
- Mais, quelques jours plus tard, c’est un tout autre cortège qui se rend, en sens inverse, du Prétoire de Pilate jusqu’au lieu-dit « le crâne », hors les murs. Jésus se fait littéralement « sortir » de la ville. De la part de la foule, l’heure n’est plus aux vivats du jour des Rameaux, mais à la passivité, voire à l’hostilité.
Et pourtant, un point commun : dans les deux cas Jésus est seul pour se déterminer sur l’attitude à adopter, le parti à prendre. Le jour des Rameaux, il paraît bien entouré, mais l’enthousiasme de la foule ne l’aide sans doute guère : il sait que la plupart le prennent pour ce qu’il n’est pas, qu’on se trompe sur le sens de sa mission. On attend de lui beaucoup, mais pas vraiment ce qu’il faudrait. Bien que porté par la foule, il est seul à voir clairement sa mission. Cela va apparaître très vite au grand jour : sur le chemin de la croix, ses proches, en grande majorité, vont le laisser tomber ; ses apôtres se disperser.
Nous-mêmes, nous sommes le plus souvent, Dieu merci, entourés d’une présence amie qui nous est précieuse. Mais notre expérience peut aussi nous donner quelque idée de cette solitude de Jésus. Quand, dans l’épreuve, nous n’avons personne à qui parler de ce qui nous arrive, personne à nos côtés pour compatir ... Ou bien lorsque se présente une décision difficile à prendre et que, parmi les avis ou conseils reçus, rien ne nous semble vraiment approprié, à la hauteur de l’enjeu ; lorsque les suggestions qui nous sont faites sont manifestement des échappatoires, des solutions de facilité. Alors, c’est à nous de trancher, seuls. Ces situations nous rapprochent de Jésus au jour des Rameaux et à l’heure de sa Passion. Jésus est seul, mais déterminé dans sa mission :
- Lorsqu’il entre à Jérusalem sous les acclamations et les hosannas, il ne se laisse pas griser, piéger par la facilité.
- Sur le chemin du Calvaire, les insultes le blessent mais ne l’abattent pas, ne le détournent pas de la voie qu’il a choisie.
Où puise-t-il cette force ? Quand tous les appuis humains se dérobent, ce qui lui reste c’est sa relation au Père. Il continue à lui faire confiance, à lui parler, à le prier, même lorsqu’il semble absent. À Gethsémani : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, non pas ma volonté, mais la tienne. » Lorsqu’on le met sur la croix : « Père, pardonne-leur… » Au moment de mourir : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »
Il ne nous est pas facile d’avancer seuls, en toute liberté intérieure, à l’image de Jésus. S’il nous arrive de recevoir des compliments, des coups d’encensoir, nous avons de la peine à ne pas nous laisser griser, à ne pas nous laisser détourner de notre chemin. Confrontés aux indifférences, aux paroles malveillantes ou agressives, nous avons du bien mal à ne pas nous laisser abattre. En contemplant Jésus lorsqu’il entre à Jérusalem, lorsqu’il en sort en direction du Golgotha, cela peut nous ouvrir l’accès à cette force intérieure qu’il puisait dans la confiance en son Père. Le Père de Jésus est aussi le nôtre. « Père, entre tes mains, je remets mon esprit ; entre tes mains, je remets aujourd’hui ma vie ; que ta volonté soit faite ! »
1 (660-740), moine et évêque ; Homélie pour le Dimanche des Rameaux PG 97, 989-993 (trad. bréviaire)
2 « Regardons le Christ, et laissons-nous regarder par lui, comme Pierre a fait. Alors, la Croix que nous contemplons dès ce début de la Semaine sainte sera source de conversion », exhorte Mgr Follo. Mgr Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, à Paris, propose ce commentaire des lectures de la messe de dimanche prochain, 20 mars, Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur (Isaïe 50,4-7 ; Psaume 21 ; Philippiens 2,6-11 ; Luc 22,14-23,56). « En voulant mettre en évidence la miséricorde divine, saint Luc raconte la passion du Christ comme l’histoire de la conversion. C’est la conversion du Seigneur, qui se retourne et regarde Pierre, et Pierre se sent alors pénétré d’un regard de pardon, grâce auquel il se souvint et pleura : ces larmes de douleur montrent la conversion du premier des apôtres », explique Mgr Follo. https://fr.zenit.org/articles/les-rameaux-et-la-croix-par-mgr-follo/