Poullart
des Places dans son temps :
Essai de chronologie biographique
Points de repère sur le Paris des XVIIe-XVIIIe siècles
Bibliographie succincte
Bernard
Ducol
Présentation
Bernard Ducol sest
employé ici à composer une biographie chronologique de Poullart des Places, en
sappuyant surtout sur les ouvrages de Henri Le Floch et de Joseph Michel. Comme on
le sait, les sources directes sont assez chiches de données précises et certaines :
Bernard Ducol sest donc efforcé de retenir les éléments chronologiques crédibles, sinon
absolument sûrs [1]. A
la suite de cette chronologie, on trouvera quelques points de repères sur le Paris de
lépoque de Poullart des Places, ainsi quune bibliographie succincte mais
précise.
-I-
Essai
de chronologie biographique
de
Claude-François Poullart des Places
1679 26 février : 27 février : |
|
- Naissance de Claude-François Poullart
des Places, à Rennes, rue Saint-Georges. - Baptême à léglise
Saint-Pierre-en-Saint-Georges ; il est confié à la Vierge et portera du blanc
jusquà lâge de 7 ans (1786). |
1685 |
|
- La famille de Poullart des Places
déménage rue des Cordeliers. - Jusquen 1690, Claude est confié
à un précepteur. |
1690 Octobre : |
|
- La famille sinstalle rue
Saint-Sauveur, dans la Maison du Saint-Esprit - Claude entre au collège jésuite
Saint-Thomas à Rennes, en quatrième (régent : P. Gilbert Petit). |
1691 Octobre pendant lannée |
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- Il entre en troisième (même régent). - Ilparticipe aux conférences de l'abbé
Bellier. Il y rencontre Grignion de Montfort. |
1692 Octobre : |
|
- Il entre en seconde (même régent). |
1693 Octobre: |
|
- Il entre en rhétorique (régent:
Jean-Pierre de Longue-mare). |
1694 Octobre: |
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- Il entre en deuxième année de
rhétorique au collège jésuite de Caen (même régent). |
1695 Juin ou juillet : Octobre : |
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- Retraite. - Il entre en première année de philo au
collège Saint-Thomas de Rennes. |
1696 Eté : Octobre : |
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- Il aurait fait un voyage à Nantes et à
Saint-Brieuc. - Il entre en deuxième année de
philosophie. |
1697 Octobre: |
|
- Il entre en troisième année de
philosophie. |
1698 Fin juin : 25 août : Fin août : Septembre : Début octobre: 9 octobre: |
|
- La famille Poullart acquiert un logement
de fonction rue de la Cordonnerie, à lHôtel de la Monnaie, mais elle habite en
face, dans un immeuble quelle a fait construire.
Cest le quartier de la paroisse Saint-Etienne. - Claude passe le Grand Acte
dans la grande salle du Parlement (article dans le Mercure Galant de novembre 1698). - Retraite à Rennes ; première
conversion, il décide de devenir prêtre pour convertir la France par son éloquence et
daller faire sa théologie en Sorbonne. - Le père de Claude lenvoie à
Paris et à Versailles, peut-être pour lui faire rencontrer une demoiselle dhonneur
de la duchesse de Bourgogne en vue dun mariage. Portrait de Jouvenet fait à Paris. - Claude part à Nantes pour sa première
année de Droit ; rixe avec le voiturier Le Huédez, qui le conduit en justice. - M. des Places (père) règle devant
notaire laffaire Le Huédez. |
1699 Octobre : |
|
- Début de la deuxième année de Droit.
Sentiment de vide intérieur, déchec et dangoisse |
1700 Juin : |
|
- Claude est de retour à Rennes avec sa
licence en Droit ; scène de la robe où il décide dabandonner la magistrature et
pense à nouveau au sacerdoce. |
1700-1701 |
|
- Il sinitie aux affaires de son
père. |
1701 Octobre : Décembre : |
|
- Il décide de résoudre sa crise
intérieure et de savoir ce quil doit faire de sa vie par une retraite à Rennes (Michel) ou à Paris au noviciat des Jésuites de
la rue du Pot-de-Fer sous la direction du P. Sanadon (Koren, Le Floch). Temps de purification. Il écrit
ses Réflexions sur les vérités de la religion (notes sur les conférences) et le Choix dun état de vie.. Deuxième conversion
: il décide de devenir prêtre sans faire carrière. - Il entre à Louis-le-Grand en première
année de théologie ; il y logera jusquen mars 1703 ; sa famille lui verse une
bourse de 800 livres par an. Lecture de la vie de Michel Le Nobletz. - Il est reçu à lAa des
théologiens. |
1702 Janvier : Mai : Eté : Début août : 15 août : Août : |
|
-
Il est mandaté jusquà
la Pentecôte par lAa pour linstruction des petits Savoyards. - Il assure la pension de son premier
écolier, Jean-Baptiste Faulconnier. - Il rencontre certainement Grignion de
Montfort, à Paris (jusquen octobre). - Retraite où il organise
méticuleusement sa vie spirituelle ; rédaction des résolutions pour un règlement particulier
(fragments). - Il reçoit la tonsure en tant que
séminariste de Rennes, et porte lhabit ecclésiastique. - Début de la période de grande ferveur;
soumet à lAa son projet de soutien de quatre ou cinq pauvres écoliers quil loge au Gros-Chapelet. |
1703 Début Carême : Avril : Les jours précédant la Pentecôte : 27 mai (Pentecôte) : Septembre : Octobre : |
|
- Il quitte son logement à Louis-le-Grand
et rejoint ses écoliers au Gros-Chapelet. - Il reçoit la visite de Grignion de
Montfort qui veut lassocier à son projet apostolique ; Il sengage à lui
former des missionnaires. - Il prêche à ses écoliers une retraite
préparatoire à la consécration sur le
thème : Il ma envoyé prêcher
lEvangile aux pauvres.. - Consécration au Saint-Esprit sous linvocation de la Sainte
Vierge conçue sans péché dans la chapelle de Notre-Dame de Bonne Délivrance [2] de Saint-Etienne-des-Grès, des douze
premiers étudiants. - La communauté accueille René-Jean
Allenou de la Ville Angevin âgé de 16 ans, du diocèse de Saint-Brieuc. Toutes les
chambres du Gros-Chapelet sont réservées à la communauté, ainsi que plusieurs de la
Rose-Blanche. Claude entre en troisième année de
théologie. |
1704 Janvier : 27 mars : Septembre : Octobre : 1er octobre : Fin de lannée : Noël 1704 : 2 janvier 1705 : |
|
- Début de lépreuve de la nuit
spirituelle ; les écoliers sont une quarantaine, Claude est épuisé, il na plus le
temps de se former, il doute du bien-fondé de son entreprise et de sa vocation ; il ne
peut plus diriger seul son oeuvre. - La communauté accueille Pierre Thomas,
du diocèse de Coutances
-
Joseph Hédan de Saint-Malo et
René Le Sauvage du diocèse de Rennes. - Claude entre en quatrième année de
théologie. - La communauté accueille Pierre Caris du
diocèse de Rennes. - Disparition de lAa de
Louis-le-Grand. - Retraite au noviciat jésuite (prévue
par la règle de lAa) ; Claude écrit ses réflexions
sur le passé. Fin de lépreuve spirituelle. |
1705 Janvier : 13 mars : 6 juin : Octobre : 17 octobre : Vers Noël : |
|
- La communauté accueille Michel-Vincent
Le Barbier, prêtre de Rennes, à qui il a fait appel pour partager ses responsabilités. - Claude reçoit de lévêque de
Rennes les dimissoriales pour les ordres mineurs. - Il reçoit les ordres mineurs de Mgr
Thiard de Bissy, évêque de Meaux. - Il entre en cinquième année de
théologie. La communaté accueille Jacques-Hyacinthe Garnier, sous-diacre de Saint-Malo
qui va participer à la direction de la communauté. - Signature du bail de location dune
maison de la rue Neuve Saint-Etienne. - La communauté déménage de la rue des
Cordiers à la rue Neuve Saint-Etienne. |
1706 Eté : 23 août : Octobre : 18 décembre : |
|
- Claude séjourne dans sa famille à
Rennes. - Il reçoit son titre sacerdotal et la
rente obligatoire (afin
déviter les prêtres mendiants) pour se présenter au sous-diaconat : rente de 60 livres par an prélevées sur les
bénéfices de la terre des Mottais. - Il entre en sixième année de
théologie. - Il est ordonné au sous-diaconat. |
1707 2 février : 19 mars : 15 août : 8 septembre : 17 décembre : |
|
- Lévêque de Rennes donne les
dimissoriales pour le diaconat. - Claude est ordonné au diaconat. - Lévêque de Rennes donne les
dimissoriales pour le presbytérat. - Claude participe au château de Vernée
au baptême de son neveu et filleul, Henry Le Chat. - Il est ordonné au presbytérat par Mgr
Thiard de Bissy. |
1708 Octobre : Fin de lannée : |
|
- La communauté accueille Louis Bouïc,
diacre de Saint-Malo. - Claude rencontre labbé Clément,
envoyé par Jean-Baptiste de la Salle, au sujet dun séminaire de maîtres à
Saint-Denis ; un projet de collaboration voit le jour. |
1709 1 avril : 17 août
: 29 septembre : fin septembre : 1er octobre : 2 octobre : 3 octobre : |
|
- Ouverture du séminaire des maîtres à
Saint-Denis. - Bien que le bail doctobre 1705 ne
devait expirer quà la fin 1711, M. de Cornoailles loue sa maison à Jean-Baptiste
Damont, bourgeois de Paris. Poullart des Places consent à laisser le nouveau locataire
sinstaller le 1er octobre. - Claude tombe malade, atteint dune
pleurésie. - Visite des directeurs du séminaire de
Saint-Sulpice et de Saint-Nicolas du Chardonnet. - Installation du séminaire rue Neuve
Sainte-Geneviève, à lEcu de France, propriété appartenant à la famille
dArboulin . Poullart des Places y est transporté
gravement malade. - Il meurt à 17h. - Il est inhumé dans la fosse commune au
cimetière de Saint-Etienne-du-Mont. |
1989 1er octobre : |
|
- Ouverture, par le diocèse de Paris, de
l'enquête pour sa béatification. |
_
-II-
Points
de repère sur le Paris des XVIIe-XVIIIe
siècles
Présentation
Le P. Ducol nous a aidé à
situer les événements qui ont marqué la vie et luvre de Claude-François
Poullart des Places, de sa prime enfance au couronnement de sa vocation en 1709 : il meurt
parfaitement configuré aux pauvres quil a cherché à servir de toutes ses
énergies et de toutes ses compétences.
La figure de
Claude-François, généreuse autant que discrète, est tout-à-fait attachante ; on
trouvera un grand plaisir à visiter les lieux où sest déroulée son aventure qui
compte bien des exodes. Cest le mérite de Bernard Ducol de nous faciliter ce
pélerinage sur les pas du fondateur.
Le visiteur qui aimerait
retrouver les sites parisiens où il a vécu et uvré se reportera avec grand profit
au petit guide A Paris sur les pas de Claude-François Poullart des Places, il y trouvera deux propositions ditinéraire,
selon le temps dont il dispose ; des plans laideront à se faire une idée juste des
lieux, alors que les annexes (nous en reproduisons ici une partie) lui fourniront une
information utile à sa visite.
1-
Paris du XVIe
au XVIIIe
siècle
La population de Paris a doublé entre 1620 et 1660. En 1694, Vauban lui attribue
720 000 habitants. La ville est divisée en trois zones distinctes :
1) L'île de la Cité : C'est le noyau primitif de
l'agglomération parisienne et le centre religieux, judiciaire et administratif, avec la
cathédrale Notre-Dame, le Palais royal qui deviendra le Parlement (et à l'intérieur, la
Sainte-Chapelle). C'est le lieu des grandes cérémonies politiques et religieuses.
2) La rive gauche, avec le Quartier latin, sur - et autour de - la colline
Sainte-Geneviève ; c'est le quartier des collèges. Le reste est occupé par des abbayes,
comme Sainte-Geneviève, des couvents, des églises et leur cimetière, des maisons
particulières et des vignes, réparties en clos (clos de Garlande ; clos Mauvoisin, actuelle rue
de la Bûcherie ; clos Bruneau ; clos Maubert ; clos de Chardonnet et de Tiron ; clos
Saint-Symphorien, en bordure de l'abbaye Sainte-Geneviève) ; Clos des Poteries (où sera
située la future maison mère de la Congrégation du Saint-Esprit).
Les deux faubourgs, de Saint-Médard et de Saint-Marcel, sont reliés à la
montagne Sainte-Geneviève par la rue Mouffetard. Cette rue et les deux faubourgs seront
annexés à Paris en 1724. La rue Mouffetard reste l'une des seules grandes rues de village subsistant à Paris.
3) La rive droite qui est la ville proprement dite.
Elle tend à se développer en mordant sur les faubourgs. C'est le Paris des bourgeois,
des commerçants et des artisans. C'est aussi l'ancien Paris du roi et de la cour, avec le
Louvre, les résidences princières et les hôtels particuliers.
De grandes rues, très étroites et pavées, traversent ces trois zones et les
relient entre elles. L'une d'elles est la rue Saint-Jacques, qui aboutit à l'une des
quatre portes dont Philippe-Auguste avait doté l'enceinte de Paris : la porte
Saint-Jacques. Une plaque, apposée au n° 171 de la rue Saint-Jacques, en marque
l'emplacement. On peut voir aujourd'hui un fragment de cette enceinte au n° 3 de la rue
Clovis.
Au départ, la rue Saint-Jacques était une large voie romaine dallée, de
9 mètres de large, le cardo. On remarque
deux de ces dalles sur le parvis de l'église Saint-Julien-le-Pauvre. Cette voie était la
route de Cenabum (Orléans). La circulation
augmentant, la voie fut divisée en voie supérieure et voie inférieure, d'où le nom de rue d'Enfer. Vers 1230, la voie supérieure prit
le nom de rue Saint-Jacques, du nom du couvent des jacobins
(dominicains) qu'elle longeait. Cette rue sera l'épine dorsale du Quartier latin.
2-
Le monde universitaire parisien
aux
XVIe-XVIIIe
siècles
Jusqu'au XIIe siècle, les écoles de Paris se
trouvaient sur l'île de la Cité, autour de la cathédrale Notre-Dame. Elles étaient
sous la tutelle du roi et de l'évêque. De nombreux étudiants étrangers y suivaient les
cours.
Au XIIe siècle, pour acquérir plus
d'indépendance, et sur l'initiative d'Abélard (1079-1143), les écoles partent
s'installer sur la rive gauche, près des abbayes Sainte-Geneviève et Saint-Victor dont
l'enseignement concurrençait celui de la Cité. Ce sera le pays latin.
En 1215, le pape Innocent III autorise maîtres et étudiants à former une
corporation jouissant d'une large autonomie, car regroupant (Universitas) maîtres et élèves : l'Université de Paris. La place Maubert devient un
lieu important de l'enseignement de la dialectique et de la théologie.
On estime à 15 000 le nombre des étudiants à Paris, à la fin du XIIIe siècle et, au milieu du XVIe siècle, entre 16 000 et 20 000. Cet
afflux d'étudiants provoqua une crise du logement. Les loyers augmentèrent. Le
problème sera résolu par la création, aux XIVe et XVe siècles de nombreux collèges qui
seront, au départ, uniquement des lieux de résidence.
Les étudiants qui appartenaient à un ordre religieux étaient pris en charge par
leur institut. Les autres étaient soit boursiers, soit portionistes (pensionnaires payants), soit
demi-pensionnaires, soit externes. Les externes, les plus nombreux, les martinets [3], rétribuaient directement leurs
professeurs. Nombre de ces externes devaient se débrouiller pour trouver leur nourriture
; certains se faisaient domestiques des plus fortunés et mangeaient leurs restes.
Les affrontements étaient nombreux entre les étudiants, ce qui provoquait
l'intervention des soldats du guet, contre laquelle étudiants et maîtres se dressaient,
au nom de l'immunité de l'Université.
L'âge d'or de l'Université dura du XIIe au XIVe siècle. A mesure que grandit le pouvoir
royal, s'étend sa mainmise sur l'Université. Charles VII la soumettra à la juridiction
commune, à cause de sa collaboration avec l'occupant anglais. Louis XI lui enlèvera le
droit de grève. Henri IV réservera à la royauté le contrôle de l'éducation de la
jeunesse. La Renaissance, la Réforme, l'imprimerie, les critiques de Rabelais et de
Montaigne porteront de rudes coups à l'Université.
1)
Saint-Julien-le-Pauvre : Cette église était celle des maîtres et des étudiants de
l'Université qui en fit le siège des assemblées générales. C'est là que le Prévôt
de Paris venait, tous les deux ans, prêter serment de faire observer les privilèges des
maîtres et des étudiants. Saint-Julien devint également le siège de la faculté des
Arts libéraux et c'est là qu'était élu le recteur. Mais, en 1524, des troubles
éclatèrent parmi les étudiants mécontents de l'élection du recteur. Saccagée,
l'église fut abandonnée.
2)
L'Université, facultés et collèges : L'Université regroupe quatre facultés :
la faculté des Arts libéraux, passage obligé pour accéder aux trois facultés
supérieures : celles de Théologie, de Médecine et des Décrets (Droit Canon).
Chaque faculté est divisée en collèges regroupant les étudiants de même
nationalité ou d'une même région. Paris en compte une cinquantaine à l'époque de
Poullart des Places. Ils sont souvent installés dans d'anciens hôtels particuliers
vendus par des familles nobles ou des abbayes. Au début, ces collèges étaient
simplement des pensions, puis ils deviendront vite des établissements d'enseignement.
Peu de collèges de cette époque ont subsisté. Ceux qui sont restés ont été
reconstruits au XIXe siècle, au moment où le baron Haussmann a fait percer
les larges artères du Quartier latin, comme la rue des Écoles, le boulevard
Saint-Germain ou le boulevard Saint-Michel.
a - La faculté des Arts libéraux : Chaque
étudiant commençait obligatoirement son parcours universitaire par cette faculté.
Pendant le Moyen-Age, cette faculté se trouve rue du Fouarre. On y enseignait la
grammaire, la rhétorique, la dialectique, la physique, la métaphysique, l'éthique
d'Aristote, les mathématiques, la musique, l'astronomie. La durée des études, pour
l'obtention de la maîtrise, était de quatre ans ; celle-ci était attribuée par le
chancelier de la cathédrale Notre-Dame ou par celui de Sainte-Geneviève. Cette faculté
a le plus grand nombre d'étudiants et c'est elle qui élit, tous les trois mois, le
recteur de l'Université.
b - La faculté de Théologie : La faculté de
Théologie comprenait quatre collèges : le collège de Sorbon, dit la Sorbonne, celui de Navarre, celui des Cordeliers
(franciscains) et celui des Jacobins (dominicains).
En 1554, suite à une réforme visant à fournir des théologiens d'une parfaite
orthodoxie, le collège de la Sorbonne regroupe toute l'activité de la faculté de
Théologie. Cette faculté sera la haute instance doctrinale du monde chrétien.
Les études pour l'obtention du doctorat en théologie sont de 12 ou 13 ans.
L'Université tentera, à diverses reprises, de faire interdire l'enseignement des
collèges tenus par des religieux : franciscains, dominicains, oratoriens et jésuites.
Elle veillait aussi au maintien de ses privilèges, obtenus de l'État ou de l'Église.
Les conciles de Bâle et de Bourges lui avaient accordé, pour ses diplômés (gradués),
y compris les médecins, le tiers des bénéfices ecclésiastiques, notamment ceux des
villes les plus importantes. Les maîtres de l'Université occupaient, de droit, certaines
grosses cures de Paris.
La faculté de Théologie, même si plusieurs de ses maîtres étaient
jansénistes, ne favorisait pas le jansénisme. Par contre, elle était un foyer gallican.
Le Parlement, en mars 1682, s'était réservé le droit de contrôle de l'enseignement en
Sorbonne. Les professeurs devaient soumettre leurs cours au procureur général et au
chancelier de l'archevêché.
Claude Poullart aura de nombreuses connaissances parmi les étudiants de la
Sorbonne :
* Claude de Marbeuf, fils de son parrain,
y recevra le titre de docteur et deviendra abbé de Langonnet.
* Louis-Marie Grignion de Montfort qui
appartenait à la communauté de M. de la Barmondière, y commença sa théologie.
* Jean-Baptiste Blain, un ami de Rennes,
suivra les cours de la Sorbonne avec de Montfort. Il appartiendra huit ans à la
communauté de François Boucher et sera prêtre du diocèse de Rouen. Ami de
Jean-Baptiste de la Salle, il sera son premier biographe et deviendra, à la mort de ce
dernier, supérieur ecclésiastique des Frères des Écoles Chrétiennes.
* M. Barrain, lui aussi un ami de Rennes,
sera ordonné 1703, après ses études à la Sorbonne et deviendra vicaire général de
Nantes. Les jansénistes influenceront Louis XIV pour qu'il ne soit pas nommé évêque.
c) La faculté de Médecine : Elle fut créée en
1331, par Philippe VI, et intégrée à l'Université. Elle ne sera installée dans un
lieu fixe qu'en 1470, une maison au coin des actuelles rues de la Bûcherie (n° 13-15) et
de l'Hôtel-Colbert. Une chapelle sera édifiée de 1499 à 1502. A la fin du XVIe siècle, la faculté possède une salle
d'assemblée, une bibliothèque, un jardin botanique et des logements. De 1617 à 1620, un
amphithéâtre est construit, puis, devenu vétuste, sera rebâti en 1743 ; il portera le
nom de l'anatomiste danois Jacques Winslow. Une plaque apposée rue de la Bûcherie,
rappelle l'événement.
La faculté disparaîtra sous la Révolution. Lors du Premier Empire, on
l'installera rue de l'Ecole-de-Médecine. L'amphithéâtre de la rue de la Bûcherie
continuera à servir aux leçons d'anatomie, jusqu'en 1810.
d) La faculté des Décrets (Droit canon) : Elle
est mentionnée pour la première fois en 1219. Elle s'installera rue Jean-de-Beauvais en
1415, dans l'ancien Clos-Bruneau. On y formait des docteurs en Droit civil et en Droit
canon.
3)
Les diplômes : Il faut deux ans pour
obtenir le premier grade, la maîtrise ès-arts
; trois ans de plus pour devenir bachelier ;
deux autres pour décrocher la licence. Le bonnet de docteur en théologie n'est accordé
qu'après la soutenance victorieuse de quatre thèses, dont la dernière peut durer une
journée complète. Le doctorat en médecine réclame huit années d'études, quatre
thèses, des examens d'anatomie sur un cadavre et des épreuves pratiques.
4)
La vie des collèges : Dans les collèges, le Principal est chargé de la bonne marche
des élèves et de leurs études. Les plus grands collèges ont un Sous-principal, chargé
plus particulièrement du respect du règlement. Les collèges jésuites ont un Préfet
qui veille à la direction des études, ainsi qu'un Recteur, chargé de la direction et de
l'administration du collège.
Les élèves sont associés à l'organisation de la vie du collège par diverses
responsabilités qui leur sont confiées : certains d'entre eux sont surveillants ou
répétiteurs. Chez les jésuites, on a également le famulus, un appariteur, qui ouvre les portes des
classes, range les bancs... et un censeur, qui tient le cahier des présences et note les
retardataires.
Un examen ponctue chaque année d'études. C'est le Principal ou le Préfet qui
prend la décision de passage en classe supérieure. Cependant, dans certains collèges
qui n'ont pas d'examens, seules comptent les notes de l'année.
Une distribution de prix vient couronner les résultats de fin d'année, toujours
dans un grand apparat. Une représentation théâtrale ou de ballet, ou un exercice
littéraire de la part des meilleurs élèves, servent de prélude à cette manifestation.
L'assistance est toujours nombreuse : élèves, parents, professeurs, représentants de
l'État et de l'Église. A Louis-le-Grand, au début du XVIIIe siècle, ces remises de prix
rassemblent jusqu'à 5 000 personnes.
3- Les communautés parisiennes pour de futurs
prêtres
Alors que les collèges de boursiers tombent en décadence et qu'il est difficile,
pour les étudiants pauvres d'envisager de faire des études en vue du sacerdoce, des
communautés naissent dans ce but.
A Paris, depuis 1696, les clercs étaient obligés, avant d'être ordonnés, de
séjourner quinze mois dans un établissement diocésain désigné par l'archevêque,
tel Saint-Sulpice, qui lui, n'était pas janséniste. Mais le coût de la pension
réservait le séminaire à ceux qui avaient des moyens financiers.
1)
La communauté des Trente-Trois : Fondé en 1633, par le prêtre Claude Bernard, cette
communauté était l'une de celles qui regroupaient des étudiants pauvres désireux de
faire des études pour devenir prêtres. Les raisons d'être de cet établissement
étaient d'une part, qu'au XVIIe siècle nombre de collèges de boursiers
tombaient en décadence ; et; d'autre part, que le coût de la pension dans un séminaire
était très élevé. Logée au départ au collège des Dix-Huit, rue Victor Cousin), la
communauté se fixera au n° 34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, en 1654, avec
l'aide d'Anne d'Autriche. Elle vivait de la générosité des amis du fondateur. La
communauté fut supprimée en 1763 et les bâtiments vendus en 1797.
2)
La communauté Saint-Clément : René Lévesque, séminariste de Nantes à
Saint-Sulpice, réunit quelques écoliers au faubourg Saint-Germain, vers 1650. Ce sont
les Frères de l'Abstinence. Ordonné, René Lévesque regagnera son diocèse et
l'uvre sera prise en charge par François de Chanciergues. Il préparera de futurs
prêtres pour la France et pour les missions. En 1675, les séminaristes sont une
soixantaine, répartis en quatre communautés ; ils doivent trouver par eux-mêmes leur
subsistance. En 1691, à la mort de Chanciergues, l'uvre est reprise par M. de
Lauzy, curé de Saint-Jacques de la Boucherie. Puis, les communautés seront regroupées
rue d'Enfer (n° 8), au séminaire Saint-Pierre-et-Saint-Louis, jusqu'à la Révolution.
Les bâtiments deviendront alors propriété de l'Etat, serviront de caserne, puis seront
démolis en 1853.
3)
La communauté Sainte-Anne : Elle était située près du séminaire Saint-Sulpice qui
attribuait des bourses à ses étudiants.
4)
La communauté François Boucher : François Boucher, docteur en Sorbonne, ouvrit une
communauté pour de pauvres écoliers, dans une dépendance du collège Montaigu. A partir
de 1690, il entretiendra une quarantaine d'étudiants. Son souci était de s'opposer à
l'influence des gillotins [4], en formant des prêtres catholiques. A
sa mort, les sulpiciens continuèrent son uvre, jusqu'à la Révolution. Les
écoliers portaient le nom de robertins. Grignion
de Montfort appartiendra un temps à cette communauté, après avoir été membre de celle
de M. de la Barmondière (ancien curé de Saint-Sulpice), fondée dans le même but et
disparue en 1694. Jean-Baptiste Blain y restera huit ans.
5)
La communauté Saint-Paul : François Traullé, prêtre de la paroisse Saint-Sulpice,
fonda une communauté, rue du Cherche-Midi, à la fin du XVIIe siècle. Elle durera jusqu'à sa mort, en
1714.
6)
La communauté Sainte-Barbe : Fondée en 1460, très célèbre pendant la première
moitié du XVIe siècle, la communauté Sainte-Barbe
compta parmi ses membres Ignace de Loyola, François-Xavier et peut-être Calvin. En 1688,
Thomas Durieux, procureur de la Sorbonne, continuant l'uvre de Germain Gillot qui
octroyait des bourses à des étudiants se préparant au sacerdoce et logeant dans divers
collèges, loua des bâtiments de Sainte-Barbe pour regrouper ces jeunes. Ils seront
soixante à la fin de 1690. La formation était de tendance nettement janséniste et
l'influence des gillotins était grande dans ce milieu universitaire. La
Sorbonne les considérait comme ses protégés. le cardinal de Noailles fut l'un des
protecteurs de la communauté Sainte-Barbe
4-
L'hiver 1709
Le XVIIe siècle sera marqué par une grande
instabilité climatique : pluie et froid anéantissent les récoltes. De ce fait, les prix
des céréales augmentent. Chaque année, la famine sévit dans l'une ou l'autre province
et, parfois, c'est tout le pays qui est touché.
La situation est aggravée par les épidémies : ainsi en 1648-1653, 1660-1663,
1692-1694, 1709-1710. On constate la disparition du gibier et du petit bétail, la
réapparition des loups. Sous Louis XIII, la peste était le phénomène le plus
redoutable : de 1628 à 1632, elle fera deux millions de victimes : le dixième de la
population française. Sous Louis XIV, c'est surtout la famine qui frappe le pays.
L'hiver de l'année 1709 sera le pire. Aux dires de Saint-Simon, il commença le 5
janvier et fut tel que
de mémoire d'homme on
ne se souvenait d'aucun qui en eut approché. Une gelée qui dura deux mois de la même
force avait, dès ses premiers jours, rendu les rivières solides jusqu'à leur embouchure
et les bords de la mer capables de porter des charrettes qui y voituraient les plus grands
fardeaux. Un faux dégel fondit les neiges qui avaient couvert la terre pendant ce
temps-là ; il fut suivi d'un subit renouvellement de gelée, aussi forte que la
précédente, trois autres semaines durant.
Cette seconde gelée provoqua la famine. Les récoltes, les arbres fruitiers, dont
les noyers de Bourgogne, les vignes, et le bétail furent touchés.
Le 6 janvier, à Auxerre, la température descendit à - 23°, au point que deux
mille personnes quittèrent la campagne pour se réfugier en ville. L'évêque d'Auxerre,
Thibières de Cayles, fit fondre sa vaisselle pour nourrir les pauvres. En mars 1709, le
prix du blé fut multiplié par huit.
La fin de l'année et le début de 1710, furent encore plus catastrophiques. Les
paysans avaient épuisé leurs maigres réserves et n'avaient plus de grains pour
ensemencer les champs. La nouvelle moisson fut nulle. Le prix du blé augmenta encore : à
Paris il fut multiplié par treize ; ce qui provoqua des émeutes.
Les grands sont attaqués :
Le grand-père (Louis XIV) est un fanfaron
le fils (le grand Dauphin), un imbécile,
le petit-fils (père du futur Louis XV),
un grand poltron.
Que je vous plains, pauvres Français,
soumis à cet empire.
Faites comme ont fait les Anglais.
C'est assez vous en dire.
C'était une allusion directe à la révolution anglaise qui avait aboutit à
l'exécution de Charles 1er, en 1649. On se moque également des
ministres, incapables de trouver un remède à la situation :
Après
les cruelles horreurs
d'un hiver effroyable,
nous croyions goûter les douceurs
d'un printemps agréable.
Le vent, la grêle, les brouillards
causent mille désastres.
N'est-ce point quelque Chamillard [5]
qui gouverne les astres ?
5-
L'Europe et la France, en 1701
En septembre 1701, l'Europe compte 118 millions d'habitants. La France, avec 19
millions d'habitants, est le pays le plus peuplé d'Europe. La population rurale
représente les quatre-cinquièmes du total. La natalité est forte, tout comme la
mortalité. Un enfant sur quatre meurt avant l'âge d'un an et deux sur quatre seulement
atteignent vingt ans. Une famille française compte, en moyenne, cinq enfants.
Depuis octobre 1698, date du traité de Ryswyck, la France connaît une période de
paix avec ses voisins. Cependant, les guerres et la rudesse du climat ont affaibli
l'économie.
1)
Le monde politique français : Depuis 58 ans, Louis XIV est roi. C'est en 1643 qu'il a
succédé à son père Louis XIII. Après le 6 mai 1682, officiellement, il réside avec
la cour, à Versailles. En octobre 1683, il a épousé secrètement Mme de Maintenon.
Louis XIV n' a plus de premier ministre depuis la mort de Mazarin, en 1661. Les
charges importantes de l'État sont confiées
à des grands dignitaires :
* Le Chancelier, Garde des Sceaux et ministre
de la Justice est Louis Philippeaux de Pontchartrain. S'il a la première place, elle se
situe surtout au rang des honneurs ; son influence réelle est réduite.
* Le Contrôleur général des Finances :
Michel Chamillart. Il est le principal personnage du royaume, depuis la réforme de
Colbert.
* Les secrétaires d'État : aux Affaires
Étrangères et à la Guerre : Michel Chamillart ; à la Maison du Roi, à Paris, au
Clergé et à la Marine : Jean-Baptiste Colbert de Torcy.
Ces grands dignitaires sont assistés par des Conseils :
* Le Conseil d'En-Haut, qui est le plus
important. C'est lui qui est chargé des affaires diplomatiques et militaires. Les membres
de ce conseil ont le titre de ministres d'État et sont très influents. Il s'agit de
Monseigneur (le Dauphin), de Paul de Beauvilliers, de Jean-Baptiste Colbert de Torcy, de
Louis Philippeaux de Pontchartrain, de Michel Chamillart qui est aussi directeur général
des fortifications, et de Michel Le Pelletier de Souzy.
* Le Conseil des Finances : le chef de ce
conseil est Paul de Beauvilliers. En font partie : Hilaire Rouillé, directeur général
des finances, Auguste-Robert de Pomereu, Henri d'Aguesseau.
* Le Conseil des Dépêches, chargé de
l'administration intérieure du royaume, auquel appartiennent Jean-Baptiste Colbert de
Torcy, surintendant des Postes et relais de France et Marc-René de Voyer de Paulmy
d'Argenson, lieutenant-général de police de Paris.
* Le Conseil privé, ou Conseil des Petits,
est la cour suprême de Justice pour les causes réservées au roi.
D'autres conseils ont un rôle plus
limité :
* Le Conseil de Conscience qui nomme aux
grands bénéfices de l'Église.
* Le Conseil du Commerce où siègent les
représentants des villes et des ports principaux du royaume.
2)
Le monde politique européen : Mustapha II est sultan de l'empire ottoman (1695-1703)
; Guillaume III, roi d'Angleterre (1689-1702) ; Philippe V, roi d'Espagne (1700-1746) ;
Pierre II, roi du Portugal (1683-1706) ; Victor-Amédée II, duc de Savoie (1675-1730) ;
Léopold Ier, duc de Lorraine (1690-1729) ; Pierre Ier le Grand,
tsar de Russie (1689-1725) ; Charles XII, roi de Suède (1697-1718) ; Frédéric IV,
roi du Danemark et de Norvège (1699-1730) ; Auguste II, roi de Pologne (1697-1704) ;
Jean-Guillaume-Joseph, électeur du Palatinat (1690-1716) ; Frédéric Ier,
électeur de Brandebourg et roi de Prusse (1701-1713) et Maximilien II Emmanuel, électeur
de Bavière (1679-1726).
Le 7 septembre 1701, à l'instigation de Guillaume III d'Angleterre, une coalition
se forme contre la France, dans le but de placer sur le trône d'Espagne un autre roi que
Philippe V, petit-fils de Louis XIV. Les hostilités de la guerre de succession
débuteront au printemps 1702.
3)
Le monde ecclésial : Clément XI (1700-1721) a succédé à Innocent XII depuis deux
ans. Il y a six ans que le cardinal Louis-Antoine de Noailles, de tendance janséniste,
est archevêque de Paris et Fénelon, archevêque de Cambrai. Il y a vingt ans que Bossuet
est évêque de Meaux.
Vincent de Paul est mort depuis 41 ans (1660), Jean Eudes depuis 21 ans (19 août
1680) et Marguerite-Marie Alacoque depuis 11 ans (17 octobre 1690).
François d'Aix-de-la-Chaize, jésuite, est confesseur du roi. Jésuites et
oratoriens sont les prédicateurs officiels de la Cour.
Les mesures anti-protestantes se sont adoucies depuis 1699, mais près de 200 000
réformés, artisans, manufacturiers, marchands... ont quitté la France depuis 1665. En
1685, l'Edit de Nantes avait été révoqué.
Le grand Arnauld, théologien et chef des jansénistes, est mort en 1694. La
querelle janséniste, qui sommeillait depuis quelques années, va se réveiller bruyamment
avec la signature, par quarante docteurs de la Sorbonne, du Cas de conscience, manifeste janséniste. Parmi les
signataires, on relèvera les noms de Petitpied, professeur à la Sorbonne ; Descombes,
abbé de Sainte-Geneviève, Noël Alexandre,
dominicain de la rue Saint-Jacques, Tullou, curé de Saint-Benoît, paroisse du collège
Louis-le-Grand, Guillaume Delamarre, qui
succédera à Tullou en 1702. Le jansénisme resurgit donc sous la forme d'un jansénisme
gallican. Bossuet, lors de l'Assemblée du Clergé de 1700, parlait du péril manifesté par une infinité d'écrits latins venus des
Pays-Bas. Sous l'influence de Bossuet, l'archevêque de Paris censurera le Cas de conscience. Fénelon, qui soutenait les
idées quiétistes de Michel Mélinas (1628-1696) et de Mme Guyon (1648-1717), s'est soumis au
pape en 1699, après une controverse célèbre avec Bossuet.
Parmi les congrégations existantes en 1701, les oratoriens ont été fondés il y
a 90 ans (1611) ; les lazaristes, 76 ans (1625) ; les filles de la Charité, 68 ans (1633)
; les sulpiciens, 60 ans (1641) et les eudistes, 58 ans (1643).
Suite au Concile de Trente, des séminaires d'ordinands se sont mis en place.
4)
Le monde des arts : Parmi les musiciens du siècle, certains, en 1701, ont déjà
fait leurs preuves, tel François Couperin, âgé de 33 ans, organiste du roi depuis le 26
décembre 1693. Georges-Frédéric Hændel et Jean-Sébastien Bach sont, tous les deux,
âgés de 16 ans et Jean-Philippe Rameau, de 18 ans. Quant à Henry Purcell, il est mort
depuis six ans et Jean-Baptiste Lully, depuis 14 ans.
Dans le monde de la littérature, Mme de Scudéry meurt le 2 juin 1701 ; Racine est
mort depuis deux ans (21 avril 1699) ; Mme de Sévigné et La Bruyère, depuis 5
ans (17 avril et 10 mai 1696) ; La Fontaine, depuis 6 ans (1695) ; Corneille, depuis 17
ans (1er octobre 1684) ; Spinoza, depuis 24 ans
(20 février 1677) ; Molière, depuis 28 ans (17 février 1673).
Voltaire est alors âgé de 7 ans ; Marivaux, de 11 ans ; Montesquieu, de 12 ans ;
Pierre Bayle, de 54 ans.
5)
Le monde scientifique : Leibnitz (1646-1716), mathématicien, philosophe et
théologien, vit en Allemagne. Il y a 17 ans que l'Anglais Newton a découvert
l'attraction universelle ; 19 ans que l'Anglais Halley a fait connaître sa
comète ; 22 ans que le Français Denis Papin a inventé sa marmite ; 25 ans que
le danois Römer a déterminé la vitesse de la lumière.
_
-III-
Bibliographie
succincte
Cette
bibliographie est volontairement succincte. Elle donne quelques ouvrages de référence,
anciens ou récents, sur la France des XVIIe et XVIIIe siècles, eux-mêmes abondamment fournis
en indications bibliographiques. Mais autour de Poullart des Places, elle nhésite
pas à donner quelques titres plus spécialisés auxquels se réfèrent les études
publiées en ce volume ou qui aideront précisément à les comprendre. Cette
bibliographie suit lordre alphabétique des auteurs dans chacune de ses sections.
A/-
Ouvrages densemble sur la période
1.
Contexte général
Bluche (sous la dir. de F.), Dictionnaire du Grand Siècle, Paris, Fayard, 1990.
Chaunu (P.), La
Civilisation de lEurope classique, Paris, Arthaud, 1966.
CHAUNU (P.), La
Civilisation de lEurope des Lumières, Paris, Arthaud, 1971 (Rééd. en poche,
sans ill., Paris, Flammarion, coll. Champs, 1997).
Hazard (P.), La
Crise de la conscience européenne (1680-1715), Paris, 1935, rééd. Paris,
Fayard, 1978, 3 vol.
Lachiver (M.), Les
Années de misère. La famine au temps du Grand Roi, 1680-1720, Paris, Fayard, 1991.
MUCHEMBLED (R.), LInvention de lhomme moderne. Sensibilité,
murs et comportements collectifs sous
lAncien Régime, Paris, Fayard, 1988.
Pillorget (R.) et Pillorget
(S.), France baroque, France classique,
1589-1715, tome I : Récit ; tome II-
Dictionnaire, Paris, Robert Laffont, 1995 (coll. Bouquins ).
ROCHE (D.), La France des Lumières, Paris, Fayard, 1993.
Viguerie (J. de), Histoire et dictionnaire du temps des Lumières,
1715-1789, Paris, Robert Laffont, 1995 (coll. Bouquins ).
2.
Histoire religieuse
Armogathe
(J.-R.), Le Quiétisme, Paris, P.U.F., 1973
( Que sais-je ? )
Châtellier
(L.), La Religion des pauvres. Les missions rurales en
Europe et la formation du catholicisme moderne, XVIe-XIXe siècle, Paris, Aubier, 1993.
Cognet (L.), Le
Jansénisme, Paris, P.U.F., 5e éd. 1985 ( Que sais-je
? ).
Degert (A.), Histoire
des séminaires français jusquà la Révolution, Paris, Beauchesne, 1912, 2
vol.
Hildesheimer (F.),
Le Jansénisme, Paris, Publisud, 1994.
Latreille (A.),
Delaruelle (E.), Palanque (J.-R.), Histoire
du catholicisme en France, tome 2 : Sous les rois très chrétiens, Paris, Spes, 1960.
Lebrun (sous la dir. de F.), Du
christianisme flamboyant à laube des Lumières, XIVe-XVIIIe siècle, Paris, Le Seuil, 1988
(Histoire de la France religieuse, sous la direction de Jacques Le Goff et René Rémond,
t. 2).
LEBRUN (F.), Être chrétien en France sous lAncien Régime,
1516-1790, Paris, Le Seuil, 1996.
LoupÈs (P.), La
Vie religieuse en France au XVIIIe siècle, Paris, SEDES, 1993.
Orcibal (J.),Saint-Cyran
et le jansénisme, Paris, Le Seuil, 1965.
Préclin (E.),
Jarry (E.), Les Luttes politiques et doctrinales aux
XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Bloud et Gay,
1955-1956, 2 vol. (Histoire de lEglise
Fliche
& Martin, tome 19).
Quéniart (J.),
Les Hommes, lEglise et Dieu dans la
France du XVIIIe siècle, Paris, Hachette, 1978.
Taveneaux (R.),
Le Catholicisme dans la France classique (1610-1715),
Paris, SEDES, 1980, 2 vol.
Taveneaux (R.),
La Vie quotidienne des jansénistes aux
XVIIe et XVIIIe
siècles, Paris, Hachette, 1973.
VENARD
(M.) dir., LÂge de raison
(1620/30-1750), Paris, Desclée, 1997 (t. 9 de l Histoire du
christianisme sous la direction de J.-M. Mayeur, Ch. et L. Pietri, A. Vauchez,
M. Venard).
Viguerie (J. de), Le
catholicisme des Fançais dans lancienne France, Paris, Nouvelles Editions
Latines, 1988.
3.
Théologie et spiritualité
Bremond (H.), Histoire
littéraire du sentiment religieux en France depuis la fin des guerres de Religion
jusquà nos jours, Paris, Bloud et Gay, 1916-1936, rééd. Armand
Colin 1967-1971, 12 vol.
Calvet (J.), La Littérature religieuse de François de
Sales à Fénelon, Paris, Del Duca/Hachette, 1956.
Cognet (L.), Crépuscule
des mystiques. Le conflit Fénelon-Bossuet, Tournai, Desclée de Brouwer, 1958.
Cognet (L.), De
la Dévotion moderne à la Spiritualité française, Paris, Fayard, 1958.
Cognet (L.), La Spiritualité moderne. I.
Lessor : 1500-1650, Paris, Aubier, 1966 (Histoire de la spiritualité chrétienne,
sous la dir.Louis Bouyer, Dom Jean Leclercq, Dom François Vandenbroucke et Louis Cognet,
tome 3).
Deville (R.), LEcole
française de spiritualité, Paris, Desclée, 1987 (Bibliothèque dhistoire du
christianisme, 11).
B/-
Poullart des Places
1.
Biographies
Congrégation
du Saint-Esprit, Biographies (1703-1808), Paris, 30, rue Lhomond,
1909.
Eschbach (A.), La
Vie et luvre de Claude-François Poullart des Places, fondateur de la
Société du Saint-Esprit, précurseur du Vénérable François-Marie-Paul Libermann, Rome, Via Santa Chiara, 42, 1916.
Farragher
(S. P.), Led by the
Spirit, The Life and Work of Claude Poullart des Places, founder of the Congregation of
the Holy Spirit, Dublin,
Paraclete Press, 1992.
Joseph Michel (1912-1996),
historien spiritain , Mémoire
Spiritaine, n° 4 (2e semestre 1996), p. 49-154.
Le Floch (H.), Note
pour la nouvelle édition de la Vie
de C. F. Poullart des Places , Roma, Tipografia Agostiniana, 1915, 34 p.
( Cette communication est entièrement privée H. L. F.).
Le Floch (H.), Une
vocation et une fondation au siècle de Louis XIV : Claude-François Poullart des Places,
fondateur du séminaire et de la Congrégation du Saint-Esprit (1679-1709), Paris,
Lethielleux, 1906 ; nouvelle édition, 1915.
Michel (J.), Claude-François
Poullart des Places, fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit, 1679-1709, Paris
Editions Saint-Paul, 1962.
RIAUD (A.), Claude-François Poullart des Places, Fondateur de la
Congrégation du Saint-Esprit, 1679-1709, Paris, Les Frtaternités du Saint-Esprit,
30, rue Lhomond, 1985 (En 110 pages, adaptation dégagée de tout
lappareil dérudition des ouvrages précédents).
2.
Rennes et Paris
Biver (P. &
M.-L.), Abbayes, monastères et couvents de Paris, Paris,
1970.
Biver (P. &
M.-L.), Abbayes, monastères et couvents de femmes à Paris,
Paris, 1975.
Boinet (A.), Les
Eglises parisiennes, Paris, Editions de Minuit, 1958-1964, 3 vol.
Croix (A.), Cultures
et religion en Bretagne aux 16e et 17e siècles, Rennes, Apogée/Presses
Universitaire de Rennes, 1995.
Delumeau (dir.), Le Diocèse de Rennes, Paris, Beauchesne, 1979
(Histoire des diocèses de France, 10).
EXPERT (Chanoine L.), La Vierge noire de Paris, Notre-Dame de Bonne
Délivrance, Paris, Desclée de Brouwer [1934].
Hillairet (J.),
Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris,
Editions de Minuit, 2e
éd. 1964, 2 vol.
La
Montagne Sainte-Geneviève, deux mille ans dart et dhistoire, Exposition
janv.-mai 1981 (mairie du 5e arrondissement, musée Carnava-let),
Paris, éd. Ville de Paris, 1981.
Le
Grand Siècle au Quartier Latin, Exposition
sept.-oct. 1982 (mairie du 5e arrondissement, musée Carnavalet),
Paris, éd. Ville de Paris, 1982.
MARIE-ANDRE, La Vierge noire de Paris, Châtelaine de Neuilly,
Notre-Dame de Bonne Délivrance, Paris, P. Lethielleux, 1958.
Michel (J.), Histoire
missionnaire du Diocèse de Rennes, Paris, Alsatia, 1938.
3.
Le milieu jésuite
Châtellier
(L.), LEurope des dévots, Paris, Flammarion,
1987.
Dainville (F. de), LEducation
des Jésuites (XVIIe-XVIIIe siècle), Paris, Editions de Minuit,
1978, 2e éd. 1991.
Dhotel (J.-C.), Les Jésuites de France : chemins actuels dune
tradition sans rivage, Paris, Desclée de Brouwer, 1987.
Dupont-Ferrier
(G.), La vie quotidienne dun collège parisien pendant
plus de trois cent cinquante ans : Du Collège de Clermont au Lycée Louis-le-Grand
(1563-1920), Tome I : Le Collège sous les Jésuites, 1563-1762 ; Le Collège et la
Révolution, 1763-1799, Paris, De Boccard, 1921.
Louis
le Grand, 1563-1963. Etudes, souvenirs, documents, Paris, 1963.
Michel (J.), Aux
origines de la Congrégation du Saint-Esprit, LInfluence de lAa, Association
secrète de piété, sur Claude François Poullart des Places, Paris, Beauchesne,
1992.
Poutet (Y.) et Roubert
(J.), Les Assemblées
secrètes des XVIIe-XVIIIe
siècles en relation
avec lAa de Lyon : Edition critique des Annales dune Aa lyonnaise,
Plaisance, édit. Divus Thomas, 1968.
4.
Amitiés et influences
Besnard (C.), Vie
de M. Louis-Marie Grignion de Montfort, Rome, Centre international montfortain, 1981,
2 vol. (Documents et Recherches, IV et V).
Blain (J.-B.), Abrégé
de la vie de Louis-Marie Grignion de Montfort, Rome, Centre international montfortain,
1973 (Documents et Recherches, II)
Guitteny (B.), Grignion
de Montfort, missionnaire des pauvres (1673-1716), Paris, Editions du Cerf, 1993.
Pérouas (L.), Grignion
de Montfort. Les pauvres et les missions, Editions du Cerf, 1966.
Poutet (Y.), Le
XVIIe siècle et les origines lasalliennes.
Recherches sur la genèse de luvre scolaire et religieuse de Jean-Baptiste de
La Salle (1651-1719), Rennes, Imprimeries Réunies, 1970, 2 vol.
Poutet (Y.), Jean-Baptiste
de La Salle aux prises avec son temps. Recueil détudes lasalliennes, Cahiers lasalliens n° 48, Rome, 1988.
c/-
La Congrégation du Saint-Esprit
Coulon (P.),
Brasseur (P.) (dir.), Libermann, 1802-1852.
Une pensée et une mystique missionnaires,
Paris, Le Cerf, 1988.
Ernoult (J.), Les Lieux spiritains en France, Paris,
Congrégation du Saint-Esprit, 30, rue Lhomond, 1992 (édition par photocopie).
Koren (H. J., C.S.Sp.) et Carignan (M., C.S.Sp.) (Ed., Introduction et texte
annoté par), Les Ecrits spirituels de M.
Claude-François Poullart des Places, fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit ;
Henry J. KOREN C.S.Sp., S.T.D. (Edited by), The
Spiritual Writings of Father Claude Francis Poullart des Places, Founder of the
Congregation of the Holy Ghost, Duquesne University, Pittsburgh, Pa. ; Editions E.
Nauwelaerts, Louvain, Belgique ; Editions Spiritus, Rhenen, U., Hollande, 1959, 297 p.
(Duquesne Studies, Spiritan Series, 3).
Koren
(H. J., C.S.Sp.), The Spiritans. A History of the Congregation of the
Holy Ghost, Duquesne University, Pittsburgh, Pa., U.S.A. ; Editions E. Nauwelaerts,
Louvain, Belgique ; Editions Spiritus, Rhenen, U., Hollande ; 1958, XXIX-639 p. (Duquesne
Studies, Spiritan Series, 1).
Koren
(H. J.), Les Spiritains. Trois siècles
d'histoire religieuse et missionnaire. Histoire de la congrégation du Saint-Esprit, Paris,
Beauchesne, 1982.
Koren (H.
J.), To the Ends of the Earth, A General History of
the Congregation of the Holy Ghost, Pittsburgh, Duquesne University Press, 1983.
Legrain
(M.), Une union de congrégations au XIXe siècle : le Saint-Esprit et le
Saint-Cur de Marie. Etude historique et canonique, Paris, Institut catholique,
1965 (thèse dact.).
[Libermann],
Notice sur la Congrégation du Saint-Esprit et de
lImmaculé Cur de Marie, et sur ses uvres, Paris, mai 1850, in P.
Coulon, P. Brasseur, op. cit., p.
661-669.
RATH (J.
T.), Geschichte der Kongregation vom Heiligen Geist (1703 -1980), Knechtsteden, Missionsverlag,
1972-1986, 5 vol.
[1] Cette chronologie reproduit, mais avec plus de détails, celle parue dans A Paris sur les pas de Claude-François Poullart des Places, Maison mère, Paris, avril 1996.
[2]. Voir illustration et encadré sur Notre-Dame de Bonne Délivrance, p. ***-***.
1 - Martinets : surnom donné aux externes des collèges, les comparant aux oiseaux du même nom, pour les différencier des internes et demi-pensionnaires, plus stables.
[4]- Cf. ci-dessous ce qui est dit de la communauté Sainte-Barbe.
[5]. Voir plus bas les différents postes occupés par ce personnage.