Un jour de
Pentecôte,
il y aura
bientôt 300 ans
Histoire de l'influence de Poullart
des Places
à travers les ouvrages et les
articles
qui lui ont été consacrés
Christian de Mare
Dans la perspective du tricentenaire de
la fondation
La Congrégation du Saint-Esprit sapprête à fêter un anniversaire
important qui nous ramène à ses origines, il y a trois cents ans, lorsque
Claude-François Poullart des Places fonda une communauté de formation, pour de modestes écoliers. Il sagissait de les préparer à
être prêtres au service de gens pauvres et oubliés. Cétait le 27 mai 1703, jour
de la Pentecôte.
La personnalité et luvre de ce jeune avocat de Rennes sont bien
connues, depuis que Joseph Michel, en 1962, nous a livré le résultat de ses patientes
recherches historiques [1].
Toutefois, dautres études, quelles viennent de lui ou dautres
auteurs passionnés par Poullart, forment un ensemble dapports qui permettent, à la
veille de cet anniversaire, de redécouvrir le jeune fondateur qui a si peu écrit, mais
qui a su réaliser une uvre solide et durable.
Le but de ce livre nest pas de résumer ni de reprendre ce que le P. Joseph
Michel ( 23 juin 1996) nous a apporté comme le fruit de sa maturité
dhistorien, mais nous voudrions quà loccasion de lapproche
tricentenaire de nos origines, nous puissions relire quelques articles qui font ressortir
certains aspects particuliers de la personne et de luvre de Poullart des
Places.
Au cours de son dernier chapitre général, à Itaïci, la Congrégation a reconnu
limportance de ce retour aux sources [2], pour aider ses missionnaires
à travailler pour la mission daujourdhui selon le charisme qui lui est
propre.
Comme un homme
commence probablement à vieillir à partir du moment où il ne comprend plus sa propre
jeunesse, une congrégation commence à végéter dès quelle cesse de
sintéresser à ses origines, car cest dans le secret de ses sources que se
revigore lélan de tous les renouveaux [3].
Cette conscience na pas toujours prévalu parmi les spiritains ; les pages
qui suivent voudraient retraçer lhistoire de linfluence du Claude-François Poullart des Places au long des ces trois cents
ans dhistoire de la Congrégation du Saint-Esprit [4].
Les Ecrits de Poullart des Places
et les documents complémentaires
Tout dabord, à quelles sources les spiritains peuvent-ils recourir pour
rencontrer personnellement leur fondateur ? Peu nombreux, les Ecrits de
Poullart des Places ont été édités par le P. Henry Koren [5]. Le texte que nous livre cette
édition comporte un certain nombre derreurs de lecture et domissions par
rapport au manuscrit. Le P. Joseph Michel les a relevées, ce qui permet de restituer dans
son exactitude le texte de Poullart des Places.
La version des Ecrits que le P. Joseph
Lécuyer avait fait paraître en 1983 dans les Cahiers
spiritains n° 16, est reprise sans changement dans la réédition de 1988 [6]. Dans la préface, le P. Lécuyer
précisait :
Le texte des écrits a été revu avec soin sur les manuscrits
conservés aux Archives de la Congrégation du Saint-Esprit... Sur un certain nombre de
points il diffère du texte déjà publié par H. Koren. Comme ce dernier, toutefois, nous
avons transcrit le texte en orthographe moderne, pour la commodité des lecteurs.
Or, l'examen attentif auquel se sont livrés Paul Coulon et Jean Ernoult pour la
préparation du présent volume, dans la collection Mémoire
Spiritaine. Etudes et documents, a révélé que le P. Lécuyer n'avait pas effectué
toutes les corrections nécessaires, sans doute parce qu'il n'avait pas eu connaissance de
la liste d'errata établie par le P. Michel. Par
ailleurs, l'édition du P. Lécuyer ne comportait pas l'ensemble des Règlements du séminaire, mais seulement des
extraits, et ne constituait donc pas une édition complète, revue et corrigée, des Ecrits de Poullart des Places [7].
Les Ecrits
sont avant tout des notes que Claude-François a écrites au cours de retraites.
Les premiers Ecrits sintitulent : - Réflexions sur les vérités de la Religion formées
dans une retraite par une âme qui pense à se convertir. Ainsi que : - Choix d'un état de vie.
Ces deux textes, qui sappellent lun lautre, se réfèrent à la
retraite que Claude-François fit à Rennes en 1701, à la suite de sa désaffection pour
la carrière de magistrat dans laquelle il sétait presque engagé. Au terme de
cette retraite en deux étapes, il prit la décision de se donner à Dieu pour
l'évangélisation des pauvres comme prêtre de son diocèse de Rennes. Il partit pour
Paris entreprendre ses études de théologie au collège Louis-le-Grand. Là, dans la
foulée de sa retraite, nourri par la spiritualité de lAa [8] et par ses lectures, il rédigea un
texte sur l'organisation de son temps et de sa
prière (on peut le dater de 1702) : - Fragments
d'un Règlement particulier.
Deux années ont passé ; la fondation de la communauté [9] du Saint-Esprit sest accomplie
le 27 mai 1703, en la fête de la Pentecôte ; Claude-François commença déprouver
des difficultés aussi bien dans la conduite de sa jeune communauté, que dans sa propre
vie spirituelle. Au cours d'une retraite (1704), où il sinterrogeait sur sa crise spirituelle
et sur le bien-fondé de son initiative de fondateur, il rédigea sa révision de vie,
comparant ce quil avait vécu jusquà des temps récents, et où il en était
présentement : - Réflexions sur le passé.
Les angoisses de Claude-François sont
à présent dépassées ; des collaborateurs viennent partager ses trop lourdes
responsabilités : ces Messieurs du Saint-Esprit
prennent soin ensemble dune communauté du Saint-Esprit, faite de pauvres écoliers [10] dont le nombre est désormais voisin
de quatre-vingts. Claude-François, récemment ordonné sous-diacre et diacre, rédige un
texte de Règlements (1707 probablement),
témoin dune expérience de plusieurs années dans le gouvernement de ses collègues
et des étudiants : - Règlements généraux
et particuliers. Koren a reproduit lensemble de ce dernier texte, et Lécuyer
sen est tenu aux grandes lignes. Le présent volume en donne une édition non
seulement complète, mais revue, corrigée et annotée.
Nous avons deux autres sources importantes, composées lune par un témoin
immédiat, et l'autre par un témoin proche :
Pierre THOMAS, Mémoire sur Poullart des
Places. Pierre Thomas fut lun de ses premiers disciples, reçu par lui dans la
communauté du Saint-Esprit en 1704. Le but de son Mémoire
était de rapporter ce dont nous avons été le témoin depuis qu'il eût commencé
l'établissement de sa communauté . Malheureusement, ce document est incomplet ; il
s'arrête juste avant la fondation du séminaire. Peut-être une autre partie du Mémoire a-t-elle
été perdue ? Thomas conduit son récit dans un style hagiographique : à un fondement
historique (venant des confidences de Poullart lui-même) il mêle des détails comme on
en lit dans les vies de saints de lépoque, et qui traduisent la vénération que
lauteur et sa communauté partageaient à lendroit du fondateur. On ne peut
donc pas voir dans ce texte une uvre issue de la critique historique, mais comme
reflet du récit de Poullart lui-même, il demeure un document précieux. Il a été
publié en français et en anglais par Henry Koren [11].
Charles BESNARD smm : Vie de Louis-Marie
Grignion de Montfort. Besnard na pas connu personnellement Poullart, mais il est
entré dans la communauté du Saint-Esprit peu après la mort du fondateur. Devenu
disciple de Louis-Marie Grignion de Montfort, puis Supérieur général de la Compagnie de
Marie, Besnard a également entendu bien souvent Louis-Marie parler de Claude-François,
son ami denfance et son frère dans la hardiesse apostolique. Charles Besnard a
achevé sa Vie de L. M. Grignion de Montfort en
1770, mais elle n'a été publiée que tout récemment, à Rome, en 1981 [12]. Les pages 101 à 107 concernent explicitement Claude-François Poullart
des Places. Besnard rapporte des événements ayant trait à sa jeunesse, mais plus
particulièrement à sa vocation particulière et à son uvre. Il nous donne aussi
un récit de sa dernière maladie et de sa mort. Il semble bien que Besnard ait eu
connaissance dun texte plus long de Thomas. Son style est sobre et dépouillé de
détails merveilleux. Il été également édité par Henry Koren dans louvrage
cité ci-dessus [13] .
Parmi les documents officiels relatifs à la reconnaissance légale de la
communauté du Saint-Esprit et de ses directeurs [14], plusieurs sont de précieux témoins
de lesprit et des intentions de Poullart des Places : par exemple, les Lettres Patentes de 1727 et 1734 ainsi que les Règles et Constitutions de 1734[15].
Claude-François Poullart des Places
dans la conscience des spiritains
Lesprit et les intentions du fondateur sont demeurés vivants tout au long de
lhistoire de la Société et du Séminaire du Saint-Esprit, malgré leur suppression
deux fois de suite, par la Révolution en 1892, et par l'humeur de Napoléon en 1809. Il
est vrai que lempereur avait exercé sa colère contre un institut qui navait
pas encore pu se relever de sa totale destruction, malgré le décret de restauration en
1805. Dans ces conditions, il est surprenant de voir à travers les sermons de Nicolas
Warnet [16] combien la tradition issue de Poullart
des Places inspirait encore sa famille quelques 130 ans après sa mort [17].
Du reste, les Règlements de 1707 ont inspiré la première Règle de 1734, comme en fait foi de décret
dapprobation de lArchevêque de Paris, Mgr de Vintimille. Cest
identiquement le même texte que Jacques Bertout fit approuver par Rome en 1824, hormis
larticle 2 du chapitre premier qui stipulait que la Société dépendait de la
Propagande [18] pour tout ce qui concernait ses
engagements dans les missions lointaines. Le premier à
avoir remanié ce vénérable héritage, fut Alexandre Leguay [19]. Mais, quelques mois plus tard,
François Libermann, qui lui avait succédé après le court supériorat
dAlexandre Monnet, obtînt de Rome que
ces modifications peu heureuses fussent annulées pour lessentiel.
Nous venons de parler du P. Libermann ; depuis les origines de luvre des Noirs [20], il avait été question
dincorporer la nouvelle communauté missionnaire à la Société du Saint-Esprit. Il
ne fallut pas moins de sept ans, semés de difficultés, pour réaliser cette fusion. A vrai dire, ce nen fut pas une. Le
terme fusion suggère qu'un nouveau produit
naît de l'alliage des deux autres. Or, il y eut intégration dans la Société du
Saint-Esprit des membres et des biens de la Société du Saint-Cur de Marie, que la
Propagande avait, de ce fait, purement et simplement supprimée. Elu supérieur général
de la Société du Saint-Esprit [21], François Libermann prit ses
responsabilités de dixième successeur de Claude-François Poullart des Places le 22
novembre 1848.
La loyauté du P. Libermann au fondateur et à son uvre se mesure à
plusieurs faits. Sans connaître sa vie dans le menu détail, il en sait pourtant des
traits essentiels :
La congrégation du Saint-Esprit fut fondée le jour de la Pentecôte
1703 par M. Poulart-Desplaces, du diocèse de Rennes, dans le but d'élever des
ecclésiastiques destinés à se consacrer aux uvres les plus délaissées.
Longtemps cette uvre ne subsista que des aumônes de personnes charitables ; le
vénérable fondateur allait lui-même les chercher, puis il servait ses élèves de ses
propres mains, et leur rendait les services les plus humbles [22] .
Un des premiers soucis de Libermann, ce fut de maintenir lesprit des Règles
issues du du fondateur. En rétablissant des exigences dans la pratique de la pauvreté,
il retrouvait le véritable esprit de
Poullart des Places, affadi par les remaniements récents dAlexandre Leguay [23]
. Voici comment il parle de ce patrimoine venu du fondateur :
Toutes les
difficultés, qui, jusqu'alors, s'opposaient invinciblement à cette fusion disparurent,
et vers la fin de l'année 1848 s'opéra la réunion de tous les membres de la société
du Saint-Cur de Marie à la société du Saint-Esprit. La congrégation conserve son
ancien titre du Saint-Esprit et ses constitutions, qui se trouvaient en parfaite harmonie
avec l'esprit de la Société du Saint-Cur de Marie, et laissaient intactes le
règlement de vie et l'organisation des communautés de ses missionnaires. Leur entrée
dans la congrégation du Saint-Esprit n'a rien changé à leur conduite ; les
constitutions de cette société, approuvées par le Saint-Siège, comme pleines de sagesse et de prudence, et très propres
à former les missionnaires, n'en sont que plus parfaitement observées [24] .
François Libermann semploya aussi à restaurer le Séminaire du Saint-Esprit
en lui donnant des formateurs de qualité et en nombre suffisant. Ce ne fut pas une
entreprise aisée, des séminaristes ayant attisé un ardent esprit dopposition,
mais il tînt bon. En quelques années, il redonna au Séminaire la valeur que son
fondateur lui avait voulue, alors quen 1850, son propre assistant, le P. Le
Vavasseur, revenu de Bourbon pour lui prêter main forte, penchait pour labandon pur
et simple du Séminaire [25]. Voici ce que Libermann répondait aux
arguments enflammés de Le Vavasseur :
Je crois que nous ne
pouvons, sans manquer gravement à la divine volonté, ni quitter le Séminaire, ni
abandonner les colonies. Dieu, dans sa divine Providence, nous a placés au Séminaire,
nous a envoyés à Bourbon et à Maurice; il ne nous appartient pas de rechigner contre
ses ordres, ni de dire que nous avons assez fait pour obéir à sa bonne et sainte
Providence. L'uvre du Séminaire est difficile, très difficile ; nous sommes
pauvres et faibles à l'excès: mais est-ce une raison pour y renoncer ? ... Il n'y a pas
de difficulté dont on ne vienne à bout avec le secours de Dieu. Laissons donc faire sa
divine bonté et n'ayons pas la faiblesse d'abandonner une uvre si importante [26].
Libermann vient de parler des colonies : cest un autre héritage spiritain,
quil semploya à servir au mieux, et il y réussit fort bien, à travers une
impressionnante accumulation de courrier et de démarches, alors que la maladie pesait
lourd sur ses ressources physiques. Le 5 janvier 1851, trois évêques recevaient
lordination épiscopale pour aller prendre soin du clergé et des fidèles dans les
trois diocèses, tout récemment créés, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la
Réunion. Ainsi prenait fin un problème urgent (urgent depuis des années
) : celui
dune animation pastorale efficace des prêtres et de leurs communautés chrétiennes
dans ces pays. Ces prêtres étaient, dans leur majorité, des fils du Séminaire du
Saint-Esprit.
Intime collaborateur et successeur de Libermann, Ignace Schwindenhammer,
nhérita pas de son aisance par rapport à la tradition issue de Poullart des
Places. Il se sentit bien davantage fils de la Société du Saint-Cur de Marie. Il
est vrai que la personnalité de Libermann lavait profondément marqué. Guidé par
lui depuis leur première rencontre au grand séminaire de Strasbourg au printemps 1841 [27], il avait assumé ses premières
responsabilités pastorales fortifié par la confiance jamais démentie de son supérieur.
Ajoutons encore que lintégration de la Société du Saint-Cur de Marie dans
celle du Saint-Esprit valut à celle-ci - qui ne comptait alors que six membres, la
plupart dâge mûr - un afflux soudain de près dune cinquantaine de
missionnaires jeunes et dynamiques, et dautant détudiants en formation :
vigoureuse perfusion qui avait leffet dune réanimation. Ces raisons
expliquent sans doute que le langage du P. Schwindenhammer, parlant des origines de la
Congrégation, soit plutôt ambigu. Lorsqu'il s'adresse, en 1863, à l'archevêque de
Paris, Mgr Darboy, pour linviter à se joindre à la fête patronale, il écrit :
Le
jour de la Pentecôte, notre grande fête patronale, nous célébrerons le cent
soixantième anniversaire de la fondation de notre Institut; nous serions donc tous très
heureux de posséder Votre Grandeur ce jour-là [28].
Par contre, en 1876, s'adressant à un plus large public, il s'exprime
différemment :
Les Pères du
Saint-Esprit et du Saint-Cur de Marie vous prient de bien vouloir vous associer au
Triduum d'action de grâces qu'ils doivent célébrer les 14, 15 et 16 juillet, pour
remercier Dieu de l'introduction de la cause de béatification de leur fondateur et
premier supérieur général, le vénérable François-Marie-Paul Libermann [29].
Les spiritains de cette seconde moitié du XIXe siècle considéreront que leur
véritable histoire ne remonte pas au-delà du P.Libermann et de la société missionnaire
quil avait fondée. Cest vrai que la Société du Saint-Esprit avait été
profondément renouvelée, et comme recréée, par lincorporation en son sein de la
jeune société et le gouvernement du fondateur, Claude-François Poullart des Places,
tomba dans loubli.
Ce fut la suppression de la Congrégation du St-Esprit en 1901 qui fit justice à
Poullart des Places comme étant son véritable fondateur. En compagnie de bien d'autres,
notre Congrégation fut en effet supprimée pour la raison qu'elle n'était plus celle qui
avait été approuvée par les Lettres Patentes
de 1734. Les Missionnaires du Saint-Cur de Marie, non-reconnus, se seraient
substitués illégalement à elle en 1848. Le Conseil dEtat émit donc un avis de
suppression le 14 février 1901.[30]. Aidé des archivistes et de juristes,
Mgr Alexandre Le Roy [31] fut en mesure de démontrer que
c'était bien la même Congrégation du Saint-Esprit qui avait incorporé la Société du
Saint-Cur de Marie, laquelle avait été dissoute par l'autorité de Rome. Le
Conseil dEtat accepta de revenir sur ses conclusions négatives, et établit que l'Association du Saint-Esprit peut être considérée
comme une congrégation religieuse légalement autorisée [32]. Cétait, par le fait même,
reconnaître que notre fondateur était bien Claude-François Poullart des Places.
Mgr Le Roy eut à convaincre ses confrères spiritains dassumer toute leur
histoire, depuis 1703, et d'accepter de voir dans François Libermann non pas leur
fondateur, mais leur onzième Supérieur général. Ce ne fut pas chose facile : il dût
mettre dans la balance toute son autorité personnelle ; le P. Henri Le Floc'h, son allié
fidèle dans cette entreprise, se mit à la
tâche pour écrire le premier ouvrage spiritain sur Claude-François Poullart des Places [33].
En 1903, le deuxième centenaire de la fondation de la Congrégation du
Saint-Esprit trouva un large écho dans lorgane officiel de ladministration
générale. Léditorial du Bulletin Général de mai 1903 [34], signé de Mgr Le Roy, retraçait
fidèlement, à grandes lignes, lhistoire complète de la Congrégation à partir de
Claude Poullart des Places, intégrant luvre de Libermann dans le tableau
densemble de ces deux cents ans. A la fin, le Supérieur général écrivait ceci :
En souvenir de cet
anniversaire, le portrait du Serviteur de Dieu, Claude Poullart des Places, et celui du
Vén. P. Libermann, seront distribués aux membres de la Congrégation. La vie de notre
premier fondateur, déjà commencée, sera publiée dès quil sera possible. Enfin, une notice historique de la Congrégation du
Saint-Esprit paraîtra, nous lespérons, dans le courant de la présente année.
Le P. Henri Le Floc'h fit paraître la première édition de sa vie de Poullart des
Places en 1906 [35]. Cétait un essai biographique,
qui navait pu reposer que sur un accès limité aux sources. Il ne se présentait
pas comme un travail historique rigoureux et comporte des inexactitudes. La seconde
édition (1915) bénéficia des recherches de lauteur dans les archives de la
Propagande et comprend de nombreux documents authentiques sur l'histoire de Poullart des
Places et sur son uvre [36]. Le mérite du P. Le Floc'h restera
davoir secoué lignorance de la plupart des spiritains dalors et
davoir ouvert la voie à des recherches plus critiques sur notre histoire
anté-libermanienne.
Ce livre est aussi
une histoire domestique. Pour les raisons déjà mentionnées [37] presque
tous les éléments mis en uvre dans ce travail sont ignorés de la plupart de ceux
qui shonorent dêtre les enfants de Claude Poullart des Places. En apprenant
ce quont été la pensée et la vie de leur fondateur, en voyant de quelle manière
il créa son uvre et comment il forma ses disciples, chacun se rendra compte
quil a, dans le passé, des titres et des traditions, un héritage glorieux de
sainteté et dapostolat; chacun comprendra quil a une façon dêtre, de
sentir et dagir commandée par les origines, et quil y a tout profit à
remonter aux sources avec une fidélité ferme et respectueuse [38]
Lannée suivant la seconde édition, le P. Alphonse Eschbach, Procureur
auprès du Saint Siège, et résidant au Séminaire français de Rome, fit paraître une
brochure où il résumait le texte du P. Le Floc'h [39], son supérieur.
Une douzaine dannées plus tard, Mgr Le Hunsec, Supérieur général depuis
1926, voulut que le 225e anniversaire de notre fondation ne
passât pas inaperçu. Lavis du mois du Bulletin
Général de juin 1928, signé de Mgr Le Roy [40], invite à laction de grâces
pour nos Fondateurs, sans insister sur leur
uvre personnelle. Le Bulletin nous apprend aussi que, le samedi 19 mai,
M. René Lefebvre, prêtre, scolastique de dernière année, tînt une conférence à
Chevilly sur luvre de M. des Places aux prises avec le Jansénisme : une sorte
dépopée infernale dont MM. Bouïc et Caris [41] sortiront vainqueurs par les armes de
la loyauté et de la simplicité.
La période de notre histoire 1929-1959 a surtout
produit une remarquable renaissance de lintérêt pour le P. Libermann, après des
décades dun certain assoupissement. Le P. Adolphe Cabon sattela à la longue
tâche de la publications des Notes et Documents [42]. Le P. Louis Liagre travailla aussi
efficacement à faire renaître l'attachement à notre
vénérable Père. Le P. Bernard Kelly porta le même souci dans la province
d'Irlande. Le secrétaire particulier de Mgr Le Hunsec, le P. Jean Gay, était, lui aussi,
efficacement acquis à ce retour aux sources de notre spiritualité.
Mais Poullart des Places na pas été oublié : à la veille de la seconde
guerre mondiale, le P. Victor Lithard étudiait en parallèle les intuitions spirituelles
de nos deux Fondateurs [43] et peu de temps après, le
P. Lambertus Vogel faisait paraître en néerlandais une présentation de la vie
et de l'uvre du premier [44].
En 1950, la première lettre du nouveau Supérieur général, le P. Francis Griffin
montre qu'il veut être animateur de la congrégation dans l'esprit du P. Libermann :
A chaque page de ses
lettres et de ses écrits, notre vénérable Père nous rappelle que notre vie
missionnaire est essentiellement d'ordre surnaturel et que les obligations de notre vie
religieuse doivent trouver leur place normale dans le cadre de notre ministère. Si donc
nous voulons que notre action apostolique produise des résultats durables et profonds, il
faut en même temps que nous nous dépensions au service des âmes qui nous sont
confiées, ne pas négliger l'uvre de notre sanctification personnelle et demeurer
fidèles, coûte que coûte, aux obligations que nous imposent nos Constitutions et que
nous avons librement endossées [45].
Cette profession de foi libermanienne nempêchera pas son généralat
dêtre profondément marqué par de remarquables retrouvailles avec Poullart des
Places, à partir de 1958. Ce fut dabord autour du 250e anniversaire de sa mort en 1959. Cet
événement engendra un foisonnement détudes et de manifestations. Pour ce qui est
des études, les artisans en furent avant tout Henry Koren et Joseph Michel. Koren publia
en 1958 son Histoire de la Congrégation, avec un premier chapitre assez bref sur Poullart
des Places [46]. Mais lannée suivante il fit
paraître les Ecrits spirituels du fondateur
(texte en français et en anglais) [47], comportant, il est vrai, des erreurs
par rapport à l'original, si bien que son texte ne peut tenir lieu dédition
critique. Il nen demeure pas moins que son ouvrage a rendu des services
inappréciables
Lapproche de Claude-François Poullart des Places allait entrer dans une
nouvelle ère avec les travaux du P. Joseph Michel. En sappliquant à une recherche
darchives patiente et approfondie il entreprit
de restituer le vrai visage de notre
fondateur. Le premier article, sur ce sujet, que nous connaissons de lui fut publié dans
la revue Spiritus, en 1959 [48] . La même année, il donnait une
esquisse de biographie pour la revue Pentecôte sur
le monde [49]. Ces deux contributions allaient dans
le droit fil du texte de sa conférence au cours du Triduum de Rennes, les 16-17-18
octobre, solennisant le 250e anniversaire de la mort du fondateur.
Le Chanoine Blanchard et Mgr Morilleau, évêque de La Rochelle, prirent aussi une part remarquable à la célébration de la mémoire du fondateur [50]. Notons enfin que le même Chanoine
Blanchard, qui venait de soutenir en Sorbonne, le 25 avril 1959, sa monumentale thèse sur
Le Vénérable Libermann [51], publia également en cette même
année 1959 une brève étude mettant en parallèle les personnalités et les intuitions
spirituelles de Poullart et de Libermann [52]. Le courant dintérêt était à
présent bien amorcé. Le Fr. Yves Poutet (Frère des
écoles chrétiennes), étudiait en 1961 les prémices dune coopération entre
Jean-Baptiste de la Salle et Poullart [53]
Les années 1962-63 marquent un nouvel enrichissement dans le pèlerinage aux
sources spiritaines : le P. Joseph Michel publiait le résultat de ses recherches sur
Poullart des Places [54]. Cest louvrage de base, le
classique que personne ne peut ignorer sil veut parler ou écrire sur le fondateur.
La patiente et remarquable documentation quil a accumulée dans ce livre et, par la
suite, par un constant travail jusquà son dernier jour, ont fait de lui un
spécialiste quil sera bien difficile dégaler [55]. Quelques mois plus tard, il donnait
des précisions sur le régime des études ecclésiastiques au temps de Poullart, et sur
les communautés de pauvres étudiants à Paris [56]. Jean Orcibal, spécialiste du
Jansénisme, proposait aussi, dans la même publication, une réflexion sur le poids des
différentes raisons qui ont poussé Poullart à fonder une communauté de pauvres
étudiants [57]. La revue Spiritus venait aussi de publier un article
dAthanase Bouchard sur Poullart et son temps [58].
Les décennies 70 et 80 :
une meilleure connaissance du fondateur
Une dizaine dannées sécoulent sans apporter de nouvelles
contributions à la connaissance de Poullart : sans doute un temps de secrète croissance,
pour que les semences produisent leur fruit. De cet imperceptible travail de
lEsprit, nous voudrions citer un témoignage à travers un extrait de la lettre
dau-revoir du P. Joseph Lécuyer, au moment où il sapprêtait à quitter ses
responsabilités de Supérieur général quil avait assumées six ans durant après
Mgr Marcel Lefebvre. Tirant lenseignement de ses visites à tant de spiritains de
par le monde, il avait pu voir lesprit de Poullart et de Libermann vivant et actif
parmi eux : la tradition vivante ne fait quun avec les ouvrages des spécialistes à
ce propos :
Ceci me conduit à
exprimer un (troisième) sentiment que j'ai éprouvé pendant ces années de supériorat :
l'admiration devant la générosité de tant de spiritains et devant l'esprit qui les
anime
Simplicité : c'est le refus de tout ce qui est compliqué, extraordinaire,
recherché, éclatant, exorbitant ; pas de pauvreté spectaculaire, pas d'obéissance
tragique ou déchirante, pas de mortifications étourdissantes
Mais c'est aussi et
surtout l'acceptation sincère et sans détour de toutes les exigences de l'imitation du
Christ pauvre, obéissant, chaste et crucifié, sans démonstrations bruyantes ou drames
inutiles, pour le service des plus déshérités. Eh bien, cela, je l'ai trouvé chez
beaucoup de spiritains, chez ceux qui ne font guère parler d'eux, mais sont prêts à
tout accepter, à aller partout où on les envoie, à vivre la vie des plus pauvres, à se
dépenser aux tâches les plus humbles, sans qu'ils y voient rien d'extraordinaire ou
d'anormal, mais au contraire comme une chose parfaitement naturelle ; et sans le chercher,
leur vie rayonne la joie et la paix. Je ne puis, hélas! dire cela de tous les spiritains.
Mais il y en a plus qu'on ne pense. L'esprit de la Congrégation survit, et il ne faut pas
qu'il s'éteigne [59].
Le Père Josef Theodor Rath, entreprenait en ces années un patient travail :
écrire pour la province dAllemagne une histoire de la Congrégation,
particulièrement dans son pays. Il publiait
le premier tome en 1972 et y présentait la personne, la vie et luvre de
Poullart des Places [60].
Cinq ans après, cétait le Brésil qui disposait dun petit ouvrage
introduisant à lessentiel du message
de nos fondateurs [61].
Puis, de 1977 à 1988, c'est une autre période riche en productions autour de la
personne et de luvre du fondateur. Retourné à ses occupations de chercheur
après son mandat de Supérieur général, le P. Joseph Lécuyer sattacha à rendre
accessibles à ses confrères les manuscrits de Poullart des Places - il est vrai que leur
lecture demande une certaine initiation au genre littéraire propre à leur auteur - . Il
publia donc dans les numéros 3, 4 et 5 des Cahiers
Spiritains, entre mai 1977 et janvier 1979, des introductions à ses divers Ecrits [62]. Les notes judicieuses quil
donnait forment un guide de lecture permettant daller droit aux sources des
intuitions du fondateur.
A quelque chose
malheur est bon ! Ce fut la philosophie des PP. Seán Farragher et Brian Cogan
lorsquune panne de voiture les retint inopinément à Rennes en juillet 1979. Munis
dune brochure du P. Joseph Michel, ils partirent à la découverte de Poullart à
travers les sites de son enfance et de sa jeunesse (cétait le troisième centenaire
de sa naissance). Le P. Farragher en donna une courte chronique dans les Cahiers Spiritains [63]. Mais surtout, cétait le début
dune recherche approfondie qui allait aboutir à doter les spiritains anglophones,
quatorze ans plus tard, dun livre amplement documenté sur un jeune fondateur mené par lEsprit [64].
Les Cahiers Spiritains reproduisaient
cette même année du tricentenaire de sa naissance, la conférence du 2 février donnée
à la maison généralice par P. Jean Savoie, alors recteur du Séminaire français,
sur la personnalité spirituelle du P. Poullart [65]. Peu de temps après, pour guider la
visite de Rennes, le P. Alexis Riaud proposait un itinéraire historique sur les pas de
Poullart, dans la revue Esprit-Saint [66].
Nous avons vu que les deux éditions des Ecrits
faites par le P. Lécuyer (en 1983 et 1988) reproduisaient la même version. Ce texte
attend donc d'être encore amendé, en corrigeant les erreurs répertoriées par le P.
Joseph Michel.
La première édition (en 1958) du livre du P. Koren avait pour titre : The Spiritans. En 1983, la deuxième édition, intitulée To the Ends of the Earth, intègre des corrections
et des ajouts : cest un excellent ouvrage sur lhistoire de la Congrégation
dès ses origines ; dix-huit pages sont consacrées au fondateur [67]. Le P. Francisco Lopez a composé
lui-aussi une étude importante sur la vie de Poullart en portugais [68].
Enfin, toujours la même année, le P. Joseph Michel nous dévoilait une partie de
ses recherches sur linfluence que l Assemblée
des Amis (Aa) avait exercée sur le jeune Claude-François au cours de sa formation [69], il devait publier sur ce thème un
petit livre, son dernier, neuf ans plus tard [70]. Il rédigeait également dans le Dictionnaire de Spiritualité (1985) un important
article à son propos [71]. Après avoir brossé à grands traits
la vie du fondateur, il insistait sur loriginalité de la communauté quil
avait fondée, sur ses liens avec les jésuites, ses relations avec Jean-Baptiste de la
Salle et Grignion de Montfort et sur la continuité de son uvre à la tête de
laquelle François. Libermann sera son dixième successeur.
Cette année-là encore, Maurice Gobeil, directeur du Centre Spiritain de Recherche et Animation de Rome,
proposait une lecture approfondie des notes de la retraite de 1704 [72],
à lusage des Fraternités
du Saint-Esprit, linfatigable P. Alexis Riaud résumait dans un petit livre
louvrage du P. Joseph Michel [73]
En collaboration avec Paule Brasseur, Paul Coulon fit paraître en 1988 un
maître-livre dédié à Libermann et à sa mystique missionnaire : le P. Joseph Michel y
écrivait un article intitulé : De Poullart des Places à Libermann, les cent
quarante-cinq premières années de la Congrégation du Saint-Esprit ; la même
quatrième section de louvrage se termine par une contribution du P. Amadeus
Martins : Poullart des Places, Libermann et le mystère du Christ pauvre [74];.
En conclusion
La célébration solennelle du 250e centenaire de la mort de
Claude-François Poullart des Places, en 1959, aura été particulièrement dynamisante.
Elle a ouvert le chemin a beaucoup dapports autour de la personne et de
luvre du fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit : trente ans au cours
desquels se sont succédés dimportantes études, des conférences et de simples
témoignages personnels sur lécho que Poullart continue de faire résonner parmi
ses fils. Quel spiritain pourrait en ignorer aujourdhui ?
Ce fort mouvement a bénéficié en la personne du P. Joseph Michel dun
maître incontesté ; mais il avait eu un précurseur, en la personne de Henry Koren, qui,
trente-deux ans après avoir publié son premier livre (1958), en livrait encore un autre
consacré à une réflexion approfondie sur le charisme et sur lhistoire des
spiritains [75].
Ce n'est pas un point final, car
cette histoire continue
[1] - Joseph MICHEL, CSSp, Claude-François Poullart des Places, fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit, 1679-1709, Paris, Editions Saint-Paul, 1962, 352 p.
[2] - Le Conseil général s'est vu confier la tâche de veiller à la réalisation de plusieurs ouvrages relatifs à notre histoire et à nos sources spiritaines Une commission internationale sera créée pour s'atteler à ce travail. (Chapitre général 1992, Itaïci, Brésil, maison généralice, Clivo di Cinna 195, Roma, p. 108).
[3] - Note de la rédaction de Spiritus introduisant larticle de Jean Orcibal, " Problèmes dorigine ", Etudes Spiritaines, Spiritus-Supplément, 1963, p. 3.
[4] - Nous sommes grandement redevables au P. Maurice Gobeil, CSSp. davoir dressé une bibliographie informatisée, sous le titre Publications on Poullart des Places - Spiritan Sources, Rome, Maison Généralice CSSp.
[5] - Henry J. KOREN CSSp et Maurice CARIGNAN CSSp (Ed., Introduction et texte annoté par), Les Ecrits spirituels de M. Claude-François Poullart des Places, fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit ; Henry J. KOREN CSSp, S.T.D. (Edited by), The Spiritual Writings of Father Claude Francis Poullart des Places, Founder of the Congregation of the Holy Ghost, Duquesne University, Pittsburgh, Pa., U.S.A. ; Editions E. Nauwelaerts, Louvain, Belgique ; Editions Spiritus, Rhenen, U., Hollande, 1959, 297 p. (Duquesne Studies, Spiritan Series, 3).
[6] - Joseph LECUYER, " Les Ecrits de Claude-François Poullart des Places, 1679-1709 ", Cahiers Spiritains n° 16, Pâques 1983, p. 5-87. Claude-François Poullart des Places, 1679-1709. Ecrits. Réédition des Cahiers spiritains n° 16, 1988, Centre spiritain de recherche et d'animation, maison généralice, Clivo di Cinna 195, Roma.
[7] - Cest la raison pour laquelle le présent ouvrage se termine par une édition des Ecrits dans une édition aussi fidèle que possible aux originaux, en s'appuyant sur les notations du P. Joseph Michel.
[8] - Assemblée des Amis, cercles de spiritualité animés par les jésuites.
[9] - Le terme de communauté correspond bien à lintention du fondateur et des étudiants, mais ils ne lont jamais revendiqué officiellement à cause de la connotation juridique que ce titre comportait. Ce nest que 30 ans plus tard que cette maison de particuliers reçut un statut légal comme Société (Congrégation) et Séminaire du Saint-Esprit.
[10] - Nous dirions aujourdhui : séminaristes.
[11] - KOREN, Ecrits, p. 226-275.
[12] - Charles BESNARD, La vie de Messire Louis-Marie Grignion de Montfort, missionnaire apostolique, manuscrit de 362 folios, écrit vers 1770, Archives des Filles de la Sagesse, Rome. Deux volumes pro manuscripto, Rome, 1981. BESNARD (C.), Vie de M. Louis-Marie Grignion de Montfort, Rome, Centre international montfortain, 1981, 2 vol. (Documents et Recherches, IV et V).
[13] - KOREN, Ecrits, p. 277-289.
[14] - Les directeurs, appelés Messieurs du Saint-Esprit, formaient ensemble la Société du Saint-Esprit, en charge du Séminaire du Saint-Esprit, et de deux autres qui leur furent confiés : Meaux jusquà la Révolution, et Verdun pour quelques années.
[15] - Notes et Documents relatifs à l'histoire de la Congrégation du Saint-Esprit sous la garde de l'Immaculé Cur de la B.V.Marie , 1703-1914 ( NDH ), Paris, Maison-Mère, 1917, viii-123 p.
[16] - Membre de sa Société du Saint-Esprit, il fut Supérieur général par intérim les cinq premiers mois de 1845, en attendant quAlexandre Leguay (neuvième Supérieur général de la Congrégation) soit disponible.
[17] - La Société et le Séminaire du Saint-Esprit, courageusement recréés par Jacques Bertout (sixième Supérieur général) après la Révolution, ont été légalement restaurés en 1816.
[18] - Service du Saint-Siège en charge des activités missionnaires au loin.
[19] - Ce texte fut approuvé au début de 1848, alors que le P. Leguay venait de démissionner.
[20] - Cest ainsi que fut désigné en 1839 le projet missionnaire de Frédéric Le Vavasseur et Eugène Tisserant. François Libermann y adhéra et eut un rôle primordial dans la fondation et la direction de la Société du Saint-Cur de Marie (1841) qui mettait en uvre le projet.
[21] - Lemploi des termes "Société" et "Congrégation" est assez large à cette époque; si nous préférons "Société", cest pour marquer que ces deux associations rassemblaient des prêtres séculiers ; on les appellerait aujourdhui " Instituts de vie apostolique ".
[22] - Paul COULON, Paule BRASSEUR, Libermann, 1802-1852, Une pensée et une mystique missionnaire, Paris, Cerf, 1988, 942 p. (Coll. Cerf-Histoire). Voir : p. 663 ss : " Notice sur la Congrégation du Saint-Esprit et de lImmaculé Cur de Marie et sur ses uvres, (mai 1850) ". On trouvera le texte de cette Notice à la fin du présent ouvrage, p. ***-***.
[23] - Supérieur général de 1845 au début de 1848, il avait mitigé la règle originelle en 1847 pour attirer dans la Société du Saint-Esprit des prêtres que le Séminaire du Saint-Esprit avait formés, mais qui manquaient de tout encadrement dans les colonies où ils exerçaient leurs tâches pastorales. François Libermann obtint aisément de Rome le retour à plus dexigences.
[24] - COULON, BRASSEUR, Libermann, " Notice (mai 1850) ", p. 666-667. Dans le présent ouvrage, p. **.
[25] - COULON, BRASSEUR, Libermann, p. 661-663.
[26] - Lettre au P. Le Vavasseur, Pentecôte 1850, ND, XIII, p. 198-199.
[27] - François Libermann se préparait alors au sous-diaconat.
[28] - Archives Archevêché de Paris, casier 32, carton 2.
[29] - Arch. CSSp, 54-A-I.
[30] - NDH, p. 96-97, p. 100-101.
[31] - Quinzième Supérieur général, il gouverna la Congrégation du Saint-Esprit de 1896 à 1926.
[32] - NDH, p. 101.
[33] - Henri Le Floc'h (1862-1950), du diocèse de Quimper, fit ses études secondaires au petit scolasticat de Langonnet, puis sa philosophie et sa théologie à Chevilly. Prêtre en 1886, profès spiritain en 1887, il est professeur et supérieur dans plusieurs collèges en France (Merville, Epinal, Beauvais) avant dêtre nommé directeur du grand scolasticat de Chevilly en 1900. De 1904 à 1927, il est supérieur du séminaire français de Rome (Voir BPF, n° 630, mars-avril 1950, p. 361-388).
[34] - BG, n° 195, mai 1903, p. 125-129.
[35] - Henri LE FLOCH, Une vocation et une fondation au siècle de Louis XIV : Claude-François Poullart des Places, Fondateur du Séminaire et de la Congrégation du Saint-Esprit (1679 - 1709), Paris, Lethielleux, 1906, xxiii-570 p. ; nouvelle édition, 1915, xv-684 p.
[36] - Idem, p. 537-669, plus 6 plans de Paris relatifs au Séminaire du Saint-Esprit.
[37] - Le P. Le Floc'h y faisait allusion à la p.VI de son introduction : lentrée de la Société du Saint-Cur de Marie dans celle du Saint-Esprit modifia son orientation, son action au dehors et la transforma au dedans.
[38] - LE FLOCH, Poullart des Places, Préface, 2e édition, 1915, p. IX.
[39] - Alphonse ESCHBACH, La vie et l'uvre de Claude Poullart des Places, Fondateur de la Société du Saint-Esprit, Précurseur du Vénérable François-Marie-Paul Libermann, Rome, 1916, 126 p.
[40] - BG, t. 33, n° 454, juin 1928, p. 650-652.
[41] - M. Louis Bouïc fut le troisième Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Sous son supériorat, M. Pierre Caris était l'économe du Séminaire du Saint-Esprit.
[42] - Notes et Documents relatifs à la vie et à luvre du Vénérable François-Marie-Paul Libermann, supérieur général de la congrégation du Saint-Esprit et du Saint Cur de Marie (A. Cabon, éditeur), pour distribution privée, Paris, Maison Mère, 30, rue Lhomond, 13 tomes, 2 Appendices et 1 Compléments, 1929-1956, 8734 p.
[43] - Victor LITHARD, Etudes sur les Ecrits Spirituels de M. Poullart des Places et du Vénérable Libermann, Fondateurs de la Congrégation du St-Esprit, Paris, L. E. Dillen Editeur, Maison Mère, 1938, p. 13-36.
[44] - Lambertus VOGEL, Claude-François Poullart des Places, eerste stichter der Congregatie van den H. Geest, Missiehuis-Kasteel Gemert, 1941, 260 p.
[45] - " Lettre du T.R.Père Général au sujet de son élection ", Chevilly, le 30 juillet 1950, BG, t. 41, p. 427.
[46] - Henry J. KOREN, The Spiritans, A History of the Congregation of the Holy Ghost, Duquesne University, Pittsburgh, 1958, xxix-641 p.
[47] - KOREN, Ecrits (cf. note 5).
[48]- Joseph MICHEL " Claude-François Poullart des Places et les âmes abandonnées ", Spiritus n° 2, octobre 1959, p. 102-110. Cet article est repris dans ce volume, p. **-**.
[49] - Joseph MICHEL Claude-François Poullart des Places, Fondateur du Séminaire et de la Congrégation du Saint-Esprit. Esquisse dune biographie, supplément à la revue Pentecôte sur le Monde, octobre 1959.
[50] - Spiritus n° 3 (Fév. 1960), p. 274-283; BG, t. 46, p.170-176. BPF, n° 105, nov-déc. 1959, p.244-255. Tout ce n° 105 est consacré à un rapport détaillé sur ce triduum mémorable, annoncé par un article de Daniel-Rops dans La Croix du 14 octobre précédent.
[51] - Pierre BLANCHARD, Le Vénérable Libermann (1802-1852), Paris, Desclée de Brouwer, 1960, t. I, son expérience, sa doctrine, 574 p. ; t. II, sa personnalité, son action, 518 p.
[52] - Pierre BLANCHARD, " Claude-François Poullart des Places et François-Marie-Paul Libermann ", Spiritus n° 2 (octobre 1959), p. 111-113. Cet article est repris dans ce volume, p. **-**.
[53] - Yves POUTET, " Poullart des Places et Jean-Baptiste de La Salle ", in Spiritus n° 6, février 1961, p. 49-67. Cet article est repris dans ce volume, p. **-**.
[54] - Joseph MICHEL, Claude-François Poullart des Places, fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit, 1679-1709, Editions Saint-Paul, Paris, 1962, 352 p.
[55] - Sur le P. Joseph Michel et son uvre, voir : Mémoire Spiritaine n° 4, Deuxième semestre 1996, " Joseph Michel (1912-1996), historien spiritain ", p. 49-154.
[56] - Joseph MICHEL, " Lambiance doctrinale dune fondation ", Spiritus, Supplément 1963, " Etudes spiritaines ", p. 9-22. Cet article est repris dans ce volume, p. **-**.
[57] - Jean ORCIBAL , " Problèmes dorigine ", Spiritus, Supplément 1963, " Etudes spiritaines ", p. 3-8. Cet article est repris dans ce volume, p. **-**.
[58] - Athanase BOUCHARD, " A lécole des besoins de son temps, Claude Poullart des Places ", Spiritus n° 12, septembre 1962, p. 330 ss.
[59] - BG, n° 772, avril-juin 1974, p 34-37.
[60] - Josef Theodor RATH, Geschichte der Kongregation vom Heiligen Geist, I - Das Pariser Seminar vom Heiligen Geist für arme Kleriker 1703-1800, Düsseldorf, Hermes-Druck, Missionsverlag Knechtsteden, 1972, p. 75-140.
[61] - Simao Van ECK, Nicolau VELSINGER, Gilberto Van NIEKERK, Fontes da espiritualidade espiritana: Claude-François Poullart des Places (1679 - 1709), François-Marie-Paul Libermann (1802-1852), Conferência dos Religioses do Brasil, Centro Teologico de Estudos e Espiritualidade para a Vida Religiosa (CETESP/CRB), Rio de Janeiro, 1977, 126 p.
[62] - Joseph LECUYER, " En relisant Poullart des Places ", Cahiers Spiritains n° 3, 4 et 5 (mai 1977-janvier 1979), Groupe dEtudes Spiritaines, Clivo di Cinna 195, 00136 Roma (Maison Généralice). Lensemble de ces pages est repris dans ce volume, p. ***-***.
[63] - Seán FARRAGHER, " A la découverte de Poullart des Places ", Cahiers Spiritains. n° 8, janv-avril 1979.
[64] - Seán P. FARRAGHER, Led by the Spirit, The Life and Work of Claude Poullart des Places, founder of the Congregation of the Holy Spirit, Dublin, Paraclete Press, 1992, 282 p.
[65] - Jean SAVOIE, " La personnalité spirituelle de Claude Poullart des Places ", Cahiers Spiritains n° 10, p.3-26, septembre-décembre 1979, Maison généralice, Clivo di Cinna, 195, 00136 Roma.
[66] - Alexis RIAUD, " Claude-François Poullart des Places à Rennes (1679-1709) ", in Esprit-Saint, n° 117, janvier 1981, p. 11-21.
[67] - Henry J. KOREN, To the Ends of the Earth. A General History of the Congegation of the Holy Ghost, Duquesne University Press, Pittsburgh, xiv-548 p.
[68] - Francisco LOPES, Ao encontro dos Pobres. Vida do P. Claudio Francisco Poullart des Places, Lisboa, 1983, 214 p.
[69] - Joseph MICHEL, " Les sources de la spiritualité et la genèse de l'uvre de Claude-François Poullart des Places ", in Spiritains Aujourdhui, n° 4, 1985, p 7 - 25, Maison généralice , Clivo di Cinna, 195, 00136 Roma. Une version plus complète de cette étude se trouve dans ce volume aux pages ***-***.
[70] - Joseph MICHEL, Aux origines de la Congrégation du Saint-Esprit, L'influence de lAA, Association de piété, sur Claude François Poullart des Places, Beauchesne, Paris, 1992, 110 p.
[71] - Dictionnaire de Spiritualité (DS), Paris, Beauchesne, t. XII (1986), Poullart des Places, col. 2027-2035. Version originale un peu plus plus concise de létude signalée à la note 69.
[72] - Maurice GOBEIL, Poullart des Places : une expérience de vie , Spiritains Aujourdhui, n° 4, (1985), p.26-48.
[73] - Alexis RIAUD, Claude-François Poullart des Places. Fondateur de la Congrégation du Saint-Esprit, 1679 -1709. Sa vie , son uvre, ses vertus, Paris, Les Fraternités du Saint-Esprit, 1985, 108 p.
[74] - COULON, BRASSEUR, Libermann, p. 671-694 et p. 797-816.
[75] - HENRY J. KOREN, Essays on the Spiritan Charism and on Spiritan History, Spiritus Press, Bethel Park, PA (U.S.A.) 1990, 149 p.